Chine : les exportations bondissent de près de 50%

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Nouveau signe de reprise de mondiale de l’économie, on a appris ce week-end que les exportations de la Chine avait bondi de près de 50% au mois de février, par rapport à l’an passé.

 Ce qui est fascinant Fabienne, c’est de voir combien la Chine communiste est aujourd’hui connectée à l’économie mondiale. Son ouverture économique, son virage libéral théorisé par Deng Xiaoping n’ont même pas encore quarante ans, et la Chine va encore conforter cette année son rang de première puissance commerciale mondiale, titre qu’elle détient depuis 2013. On l’a appris ce week end, la Chine a dégagé au mois de février un excédent commercial record, sans précédent, avec plus de 60 milliards de dollars de surplus. La Chine est donc plus que jamais l’ « atelier du monde », il suffit que l’économie mondiale reparte pour qu’elle inonde à nouveau la planète de ses produits.

Dans le détail, on s’aperçoit que la demande de produits chinois vient surtout des États-Unis

Oui, tout à fait. Si la Chine a augmenté ses ventes dans la plupart des grandes zones économiques, y compris en Europe, c’est d’abord l’Amérique, à cause de sa taille et surtout de la vitalité retrouvée de sa croissance, qui constitue le principal débouché : les achats américains de produits chinois ont ainsi bondi de 21% sur les deux premiers mois de l’année. C’est comme si ces deux géants mondiaux avaient décidé de lier leur destin. Les Etats-Unis achètent massivement des produits chinois, tandis que la Chine finance les déficits des Etats-Unis en achetant massivement des bons du Trésor américain. Entre la Chine et les Etats-Unis, entre le « seigneur local » et le « shérif global », s’est donc nouée une étrange relation, aussi fusionnelle qu’explosive, faites de fascination réciproque, de rivalités et surtout de dépendance extrême au plan économique et financier.

Est-ce que cette dépendance et cette rivalité constituent un risque, pour l’économie mondiale ?

La Chine et les Etats-Unis pèsent sensiblement le même poids dans l’économie mondiale, c’est à dire, un peu plus de 16% chacun. Ensemble, ces deux pays, avec la puissance de leurs marchés intérieurs, ont donc les moyens de façonner l’économie du XXIème siècle, leur tête-à-tête risque de marginaliser chaque jour davantage le reste du monde. Imaginez que la moitié du commerce mondial transite déjà par le Pacifique. Tout dépend donc de la capacité de ces deux hyper-puissances à réguler leurs déséquilibres, à pacifier leurs rivalités et à jouer de leur complémentarité. Chaque jour qui passe montre que la Chine, en dépit de ses dénégations, nourrit de solides ambitions mondiales : elle ne veut plus se contenter d’être l’atelier du monde, elle veut aussi être le plus grand marché du monde ; elle commence à contester l’hégémonie du dollar, elle augmente de manière significative son budget militaire, elle multiplie les incidents en mer de Chine. Gérer les ambitions de la Chine constituera, pour les décennies à venir, l’un des tout premiers défis des dirigeants américains.

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