Certainement pas d'accord aujourd'hui sur la dette grecque

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Nouvelle réunion décisive pour la Grèce, c’est aujourd’hui à Riga, dans la capitale lettone que se retrouvent les ministres des finances de l’eurogroupe. La situation de la Grèce est toujours aussi critique, mais personne ne semble y croire à un accord aujourd’hui.

 Force est de constater que ces négociations se sont totalement enlisées au fil des semaines. Ce vendredi était en principe une date limite, il était prévu qu’un accord soit conclu, je vous en rappelle les termes : en contrepartie d’une liste de réformes et d’engagement de sérieux de la part du gouvernement grec, l’Europe devait débloquer le versement d’une dernière tranche d’aide pour un montant de plus de sept milliards. Cela ne réglait pas tous les problèmes de la Grèce, mais cet accord politique, économique et financier redonnait enfin une perspective, permettait à la Grèce de faire face à ses échéances et de sortir d’une très dangereuse spirale. Mais non, on appris hier que les Grecs ne présenteraient toujours pas aujourd’hui cette fameuse liste de réformes. On ne sait plus très bien de quoi les différentes parties discutent.

En fait, chacun semble vouloir jouer à se faire peur, à tendre le rapport de forces à l’extrême limite de la catastrophe.

Mais la Grèce peut tenir encore longtemps dans cette situation ?

En principe, Non, Fabienne, elle n’a plus aucune marge de manœuvre, la Grèce est dos au mur. La semaine qui vient de s’écouler en a multiplié les signes dramatiques : le gouvernement a du prendre un décret ce mercredi lui permettant de siphonner les réserves de trésorerie de toutes les collectivités locales pour pouvoir payer les salaires des fonctionnaires et les retraites à la fin du mois, et financer les dépenses de santé. Cette réquisition a provoqué un tollé dans le pays et avivé encore davantage l’inquiétude de la population. Du coup, les Grecs, qui ont peur que tout ça se termine mal, continuent de retirer massivement des euros dans les banques, en six mois le total des sommes retirées atteint 27 milliards d’euros, c’est colossal et cela fragilise encore un peu plus la situation du pays… La Grèce fait bien les yeux doux à la Russie de Poutine, pour tenter de lui arracher en catastrophe  quelques milliards, mais dans les faits seules l’Europe et sa banque centrale peuvent encore sauver la Grèce.

Alors quels sont les scénarios possibles ?

J’ai quand même encore du mal à croire que l’esprit de responsabilité ne finisse pas par s’imposer, c’est mon côté optimiste.  Mais je suis obligé de constater qu’il y a encore beaucoup de dogmatisme de part et d’autre et que la méfiance n’a cessé de s’aggraver entre les Grecs et leurs partenaires. C’est d’autant plus rageant qu’il y avait à l’évidence un chemin pour un compromis : l’austérité a été en Grèce, un échec total et dramatique, une majorité de partenaires européens étaient prêts à l’admettre et à amender le plan de sauvetage. Mais l’arrogance et l’amateurisme de l’équipe Tsipras a exaspéré et du coup totalement crispé les pays de la zone euro qui ne veulent pas jeter 7 milliards dans un puits sans fond, sans aucune garantie. Si ça continue, alors on va tout droit vers un défaut de la Grèce, c’est à dire qu’elle ne paiera pas ses remboursements. Mais le problème de ce scénario, c’est que personne ne sait vraiment comment ça se termine, si ce n’est que ça se terminera très très mal.

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