Bruxelles épingle la France

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Une fois encore, la Commission européenne a épinglé la France hier, elle ne croit pas à la promesse du gouvernement de ramener le déficit public sous la barre des 3% en 2017, la France doit-elle se méfier de ce nouvel avertissement de Bruxelles ?

Soyons honnête, il est peu de gens ici à Paris qui se soucient vraiment des remontrances de la Commission sur nos comptes publics. Et pour plusieurs raisons : entre risque terroriste, Etat d’urgence, guerre contre Daesh, mobilisation tardive contre le chômage et crise des migrants, beaucoup trouvent qu’il y a plus grave et plus urgent que de respecter à tout prix une norme abstraite de déficit public. A court terme, et dit comme cela, bien sûr, tout peut s’entendre et il est vrai que la France, avec elle bien des pays d’Europe, sont confrontés à une multitudes de défis historiques, plus sérieux les uns que les autres et surtout plus urgents les uns que les autres. Alors faut-il vraiment s’alarmer de dépasser de 0,2%, c’est la prévision de la Commission pour la France en 2017, ce fameux critère des 3% ? Bien sûr, tout fétichisme des normes en matière de déficit est absurde, et la Commission n’est pas exempte de toute critique en la matière, mais, la situation est en réalité assez préoccupante pour la France.

Alors pour quelles raisons ?

Pour au moins deux raisons.

1 – La France est le pays en Europe, qui a bénéficié de la plus grande mansuétude de la part de Bruxelles. A trois reprises ces dernières années, la France avait plaidé pour avoir de nouveaux délais pour respecter les règles de la monnaie unique, en 2015, la France était passée à deux doigts d’une sanction de la Commission, mais elle avait obtenu in extremis et au grand dam de certains de nos partenaires, un nouveau répit de trois ans pour rétablir ses comptes, c’est à dire jusqu’en 2017. Las, une fois encore, elle ne sera pas au rendez-vous, en tout cas selon la Commission. Cela signifie que la parole de la France va perdre encore en crédibilité et dans un jeu à 28, la crédibilité, le respect des engagements, c’est la condition pour peser et avoir une influence politique réelle sur le cours de l’Union.

2 - La France va donc afficher les plus mauvais résultats de l’Union en matière de comptes publics. En 2017, seuls le Portugal, la Pologne et la Roumanie feront moins bien. Et à politique inchangée, la Commission prévoit que la France sera aussi le seul pays de la zone euro dont le ratio dettes sur PIB devrait continuer à augmenter dans les 10 ans qui viennent, alors que le poids de la dette va baisser dans tous les autres pays, même cette fois, en Italie ou en Espagne.

Oui, mais on pourra vous répondre, Vincent, que la France est un plus grand pays, plus solide que ceux que vous venez de citer…

Peut-être, mais ce n’est pas sûr. Car cette situation met la France dans une vraie vulnérabilité : la principale vertu d’avoir des comptes publics à peu près en ordre, ce n’est pas de faire le beau dans les classements, mais c’est de disposer de marges de manœuvre pour répondre à d’éventuels chocs extérieurs. Or la Commission, comme le FMI, redoutent, précisément, de nouveaux chocs extérieurs : ralentissement de la croissance chinoise et des échanges internationaux, incertitudes politiques et géopolitiques, autant de risques que la France, comme les autres aura à affronter. Mais sans être dans les meilleures conditions.

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