Le débrief politique. Un nouveau caillou dans la chaussure de François Fillon

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Des révélations très gênantes pour François Fillon, une primaire de la gauche qui devient agressive... Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du mardi 24 janvier, dans le débrief politique de Yaël Goosz.

Une boule puante pour François Fillon

C'est le Canard Enchaîné qui révèle l'affaire mardi 24 janvier. François Fillon a fait travailler son épouse Pénélope pendant huit ans à l'Assemblée nationale. C'est plus précisément en 1998 que Pénélope Fillon arrive à l'hémiclycle aux côtés de son mari.

Elle est officiellement la collaboratrice du député de la Sarthe. Cela n'a rien d'illégal. Beaucoup de parlementaires recrutent d'ailleurs des proches. Mais encore faut-il qu'ils travaillent. D'après une autre assistante citée par l'hebdomadaire, Pénélope Fillon était une collaboratrice fantôme.

Par ailleurs, lorsque son mari devient ministre en 2002, elle garde son salaire. Bilan : entre 3 900 et 7 900 euros bruts par mois pendant huit ans. Hors micro, certains s'interrogent déjà sur les conséquences politiques de l'affaire. Enjeu de moralité plus que de légalité.

François Fillon ne veut plus perdre son temps en palabre avec les députés

Le candidat ne viendra plus s'expliquer en réunion de groupe Les Républicains à l'Assemblée chaque mardi. La session s'achève bientôt, mais l'explication est ailleurs : François Fillon a en fait contrarié les élus de son camp avec son discours anti-cumul.

Mais ce n'est pas la peine de continuer le débat selon lui, il est tranché. Le candidat veut donc passer à autre et ne plus subir cette mauvaise ambiance. Si les députés Les Républicains veulent le voir, ce sera au quartier général, et seulement deux fois par mois maximum. 

La primaire à gauche, loin d'être apaisée

Ce ne sont pas les chiffres du chômage qui vont d'ailleurs aider les socialistes. Le nombre de demandeurs d'emploi repart à la hausse, mais "le combat ne doit jamais s'arrêter", dit laconiquement l'Elysée.

Mauvaise nouvelle pour Manuel Valls, à la veille du débat, lui qui porte le bilan de cette gauche de gouvernement.

Le duel Valls / Hamon devient très agressif

Sur la question de laïcité, notamment. Dans les colonnes de Libération, un ministre soutenant Manuel Valls accuse Benoît Hamon, député de Trappes, d'être "le candidat des Frères Musulmans".

Un avis que partage le député Malek Boutih : "Il est en lien avec les islamo-gauchiste, c'est vrai. Il les caresse dans le sens du poil. Et ce n'est pas parce qu'on est l'élu de Trappes qu'on doit suivre les trappistes."

Cela promet pour le débat de l'entre-deux tours. Et cela renforce aussi cette question : comment pourront-ils se réconcilier après ? Grand écart sur les questions d'environnement, sur l'Europe, le revenu universel, le cannabis, la question des migrants... C'est vertigineux. Comment donc cohabiter après la primaire dans le même parti ? Cela paraît compliqué.

Toujours la question de la participation au premier tour de la primaire de la gauche

La barre des deux millions n'a donc pas été franchie. Les derniers comptes s'arrêtent à 1,6 millions de votants. Le PS parle d'un bug informatique, de communication, mais surtout pas de manipulation, comme l'explique Christophe Borgel, le président du comité d'organisation des primaires. Il tire les leçons pour le second tour de la primaire.

Dimanche prochain, il faudra que les éléments soient parfaitement solides [...] et qu'on n'ait pas le moindre bug de communication.

Christophe Borgel, le président du comité d'organisation des primaires.

La Haute autorité tire déjà les leçons pour l'après-primaire

L'une des pistes avancées est celle d'une indépendance matérielle : indépendance entre Solférino et la Haute autorité, actuellement hébergée par le PS. D'ailleurs, elle n'a pas non plus de budget propre. À droite, Anne Levade avait cinq millions d'euros pour organiser les primaires.

Autre piste pour que cela fonctionne mieux : former les présidents des bureaux de vote aux nouvelles technologies. Car, pourquoi à midi 400 bureaux de vote n'avaient pas encore fait remonter leurs résultats ? Parce que certains militants ne sont pas du tout à l'aise avec la remontée numérique.

Pas de note du Débrief, faute d'élève !

Pas de note pour François Hollande, puisqu'il sèche l'examan. Que ce soit le débat, le premier tour ou le second tour de la primaire de la gauche, il aura suivi de loin et snobé son bureau de vote.

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