Le débrief politique. Qui pour gouverner avec Marine Le Pen en cas de victoire ?

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Après celui de Benoit Hamon et avant d'éplucher celui de Jean-Luc Mélenchon, franceinfo a ouvert lundi le dossier de candidature de Marine Le Pen. Et on s’intéresse notamment ce soir dans le débrief politique au visage d’un hypothétique gouvernement FN.

Après celui de Benoit Hamon et avant d'éplucher celui de Jean-Luc Mélenchon lundi prochain, franceinfo a ouvert lundi le dossier de candidature à l’élection présidentielle de Marine Le Pen. Et on s’intéresse notamment ce soir dans le débrief politique au visage d’un hypothétique gouvernement FN. Mais d’abord cette question : est-ce que Marine Le Pen peut l’emporter ? Tout dépendra de l'épaisseur du plafond de verre et de l'adversaire. Dans les sondages, elle est toujours battue au second tour face à François Fillon, face à Emmanuel Macron. Mais quelle sera la dynamique de campagne à ce moment-là ? Et si c'est Benoit Hamon ou Jean-Luc Mélenchon en face, est-ce que le front républicain fonctionnera à droite ? Là, personne n'a encore la réponse.

Prenons l'hypothèse de sa victoire le 7 mai. Qui serait le Premier ministre de Marine Le Pen ?

Un patriote évidemment ! C’est en tout cas comme ça que Marine Le Pen définit son "premier ministrable". Ce n’est donc pas obligatoirement Florian Philippot, qui pourtant s’y verrait bien. C’est quelqu’un qui doit avoir "la culture de l’Etat, la culture de la machine parlementaire", précise son entourage. Et surtout quelqu’un qui n’a jamais été ministre. Deux noms circulent : Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, et Nicolas Dupont-Aignan, à qui Marine Le Pen a lancé un signal il y a dix jours. Ils ont tous les deux ce que son équipe appelle “un profil idéal”. Et ils sont tous les deux, d’ailleurs, candidats déclarés à la présidentielle. 

Quel casting pour les ministres ? 

Dans son programme, la candidate du Front national n’en parle quasiment pas. Les seuls éléments qu’elle dévoile, ce sont la création d’un grand ministère de l’Outre-mer et de la Mer et d’un secrétariat d’Etat aux mutations économiques. Mais si elle n’en parle pas, ses proches s’en chargent. Le gouvernement de Marine Le Pen pourrait donc ressembler à cela :

- Ministre de l’Intérieur : Steve Briois, David Rachline ou Florian Philippot

- Garde des Sceaux : Gilbert Collard

- Ministre de la Santé : la médecin Joëlle Melin

- Ministre de l’Ecologie : Philippe Murer, conseiller économique de la candidate

Et Marine Le Pen espère aussi rallier des personnes extérieures au parti. Nadine Morano par exemple comme ministre du Travail, mais aussi d’autres transfuges issus de la droite. On compte sur un “effet victoire”, 30 à 50 circonscriptions ont ainsi été gelées pour les législatives. Objectif : les attribuer aux "patriotes" qui rallieront la candidate en cas de victoire afin de composer sa majorité présidentielle. Et puis, on compte aussi sur ce que le FN appelle ses viviers, des préfets, des membres de cabinets ministériels, de la Haute administration. Ils seraient environ 80, notamment rassemblés au sein du très discret club Les Horaces.

Mais pour gouverner encore faut-il avoir la majorité à l'Assemblée en juin, et là aussi ce sera difficile, estime le politologue Olivier Rouquan. "Il n’y aurait pas ensuite, sans doute, au jour d’aujourd’hui, une majorité à l’Assemblée nationale et des perspectives d’alliances crédibles. A partir de là, on s’engagerait vers l’inconnu sur le plan du gouvernement. Cela ouvrirait peut-être la perspective d’une crise institutionnelle. Cela serait tranché au bout d’un certain nombre de mois ou par une démission de la Présidente ou par une dissolution", prédit-il.

Mais nous n'en sommes pas là. A l’agenda de campagne de Marine Le Pen cette semaine, le Liban mardi encore, puis le 20 heures de TF1 mercredi et un meeting à Nantes dimanche. 

La note du débrief !

C’est un 10 sur 20, une note indécise pour un François Bayrou indécis et qui fait encore durer le suspense sur sa candidature. Où François Bayrou fera-t-il son nid cette fois-ci, chez lui ou  bien chez Macron ? Pas vraiment désiré si l’on en croit les dernières déclarations du "marcheur" François Patriat : "Je préfère qu’il n’y aille pas et qu’il ne dise rien". Pas de chance, François Bayrou parlera mercredi à 16h30 pour dire s’il est candidat ou s’il ne l’est pas.

 

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