Le débrief politique. Présidentielle 2017 : Emmanuel Macron se lance enfin

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L'annonce attendue mercredi de la candidature d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle, Xavier Bertrand qui ne soutient personne et le Parti socialiste en campagne contre le vote à droite. C'est le débrief politique de Yaël Goosz.

"Venez nombreux" : c'est le message qu'ont fait passé les macronnistes aux médias mardi 15 novembre, afin de les inviter à suivre le discours de leur champion à Bobigny (Seine-Saint-Denis) mercredi matin. "Ce ne sera pas pour beurrer les tartines", disent les SMS enjoués des soutiens d'Emmanuel Macron. C'est la fin d'un faux suspense qui aura duré six mois : la déclaration de candidature à l'élection présidentielle de l'ex-ministre de l'Économie.

L'emploi comme feuille de route. Et en toile de fond : un centre de formation pour apprentis d'une banlieue qui souffre. Emmanuel Macron n'a rien laissé au hasard. Le deuxième temps de sa déclaration consistera en une cocktail déjeunatoire au 99 rue de l'abbé Groult, adresse de son tout nouveau QG de campagne de près de 1 000 mètres carrés.

Macron candidat, l'épilogue logique

La déclaration d'Emmanuel Macron est l'aboutissement logique d'une immense frustration. Celle d'un ministre dont on a gâché la loi à coups de 49.3, qu'on a privé d'un deuxième projet de loi, qui s'est retrouvé pris en sandwich entre Manuel Valls et François Hollande. 

Sa liberté, il l'a reprise trois fois. Tout commence le 6 avril, avec le lancement de son mouvement "En marche". Le 12 juillet, lors d'un meeting à la Mutualité à Paris, Emmanuel Macron tue son père politique François Hollande devant 3 000 supporters. Le 30 août, il démissionne de son poste de ministre de l'Économie avec déjà en germes sa future candidature. S'en sont suivis le porte-à-porte, le diagnostic, l'ébauche d'un projet... À l'arrivée : un épilogue logique.

Macron candidat, pourquoi maintenant ?

Emmanuel Macron doit se relancer. Passé l'effet de surprise, les sondages commencent à montrer des signes d'effritement. En coulisse, l'ex-ministre se rêve en Bayrou des temps modernes... mais un Bayrou qui se qualifierait pour le deuxième tour de la présidentielle. Sur sa gauche, il fait d'une pierre deux coups : court-circuiter François Hollande et concurrencer Manuel Valls sur son créneau de la gauche progressiste. 

Autre raison : l'argent. Près de trois millions d'euros récoltés, c'est insuffisant pour mener une campagne présidentielle. Chez les soutiens d'Emmanuel Macron, on espère que la déclaration de candidature provoquera un déclic. Enfin, il s'agit de ne pas laisser le champ libre à Marine Le Pen, qui inaugure mercredi son QG de campagne.

Macron candidat, ça change quoi ?

Une chose est sûre : la tension va devenir maximale avec Manuel Valls, tenté de se lancer dans la primaire à gauche, afin de ne pas se laisser voler le créneau progressiste par ce jeune ambitieux de 38 ans. Au Parti socialiste, le casse-tête commence. La guerre des investitures pour les élections législatives s'annonce féroce : socialiste ou "marcheur", il faudra choisir. Avec en toile de fond, un risque majeur de dispersion des voix.

Macron, le "candidat plexiglas"

Marine Le Pen présentait mardi après-midi ses propositions pour la banlieue. La présidente du Front national ne s'est pas privée de commenter cette déclaration à venir du "candidat plexiglas" : "L'élection présidentielle, c'est la rencontre entre une personnalité et le peuple. Reste à savoir si Monsieur Macron réussira à trouver le peuple".

On attend de voir s'il y aura un contenu

Marine Le Pen

à propos d'Emmanuel Macron

Xavier Bertrand ne soutient personne

Pragmatique, Xavier Bertrand... Lui à qui on prêtait l'intention de rallier Alain Juppé ou François Fillon dans la primaire de la droite. Finalement, il ne soutiendra personne. L'empressement des juppéistes à citer le président des Hauts-de-France comme soutien au maire de Bordeaux l'a, semble-t-il, refroidi.

Les socialistes en campagne... contre le vote à droite

C'est l'info du débrief. Le Parti socialiste lance mercredi 16 novembre une grande campagne pour dissuader les électeurs de voter à droite. Militants sur le terrain lors des deux tours de la primaire, 4 millions de tracts à distribuer, des arguments pour dénoncer le programme "inégalitaire et autoritaire" des candidats Les Républicains. Campagne de terrain... et campagne virale sur les réseaux sociaux avec de petites vidéos tweetées thème par thème et des ministres qui cognent.

Tout ça doit déboucher sur une grande convention nationale de la "Belle Alliance Populaire", le 3 décembre à Paris. C'est seulement après ce grand raout que François Hollande pourra dire s'il se lance ou non pour 2017.

La note du débrief

7 sur 20 pour Jean-Christophe Cambadélis et son sens du timing. Le premier secrétaire du Parti socialiste présente mercredi midi en conférence de presse cette grande campagne anti-droite... polluée évidemment par l'annonce attendue de la candidature d'Emmanuel Macron. Au risque d'être inaudible.

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