Le débrief politique. Mélenchon qui monte, qui monte

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Une troisième place pour Mélenchon, une lettre de Hamon pour le président du Medef et l'Eurovision politique... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de mardi 11 avril avec Yael Goosz.

Mélenchon, sur le podium

A J-12 du premier tour de l'élection présidentielle, on sort le baromètre des sondages. Selon la dernière enquête d'intentions de vote, publiée ce mardi, par Ipsos Sopra Steria pour franceinfo et France Télévisions, l'ordre d'arrivée du quarté est en train de changer : Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont ex-æquo à 24%, toujours en tête et potentiellement qualifiés pour le deuxième tour.

Derrière ça bouge : François Fillon se fait doubler par Jean-Luc Mélenchon. "En obtenant 18,5% des intentions de vote [le candidat de la France insoumise] progresse fortement et passerait en troisième position tout juste devant François Fillon à 18%", explique Brice Teinturier, le directeur général délégué d'Ipsos, à franceinfo. "Donc, c'est au sein de l'espace des gauches, qu'il y a de la fluidité aujourd'hui, qu'il y a des électeurs qui hésitent, poursuit-il, et cette dynamique se fait prioritairement au détriment de Benoît Hamon qui maintenant serait à 8% donc en dessous de la barre des 10%." C'est bien le décrochage de Benoit Hamon qui frappe les esprits quand on regarde les courbes : dix points d'écart entre lui et Jean-Luc Mélenchon.

Drôle d'ambiance au PS

Le candidat socialiste a heurté une partie de ses camarades ce week-end dans l'émission On n'est pas couché sur France 2, en déclarant qu'il préférait appeler à voter Jean-Luc Mélenchon s'il n'était pas qualifié au second tour. Une prise de position longuement commentée et critiquée ce mardi ors de la réunion des députés PS à l'Assemblée. On parle déjà de Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, pour jouer les premiers rôles aux législatives... comme s'il fallait enjamber un échec de Benoit Hamon. Drôle d'ambiance. 

La défaite, c'est évidemment une hypothèse que le candidat socialiste n'évoque pas publiquement. Ce mardi soir, il est à Villeurbanne, en métropole de Lyon. Sur place, la ministre, et locale de l'étape, Najat Vallaud-Belkacem juge "absurde" l'idée que Benoît Hamon puisse abandonner. "Sa seule faute, s'agace un proche au micro de franceinfo, c'est ne pas avoir fait de langue de bois". Benoît Hamon, lui, jette toutes ses forces dans la bataille avec une lettre aux Français à neuf millions d'exemplaires et une fin de campagne non-stop à partir de vendredi : cinq jours sans s'arrêter de Renne à Toulouse en passant par Saint Nazaire, Poitiers, Niort, Angoulême et Bordeaux.

Décidément, Benoit Hamon aime prendre la plume en ce moment. Il a envoyé une lettre cinglante à Pierre Gattaz, ce mardi, quelques heures après les propos du patron du Medef estimant que Benoît Hamon "ne connaît rien à l'économie" ni "à l'entreprise" et qu'il a "un scenario du 19ème siècle en tête". "Tout le monde n'a pas eu la chance d'hériter d'une entreprise", lui répond Benoit Hamon dans cette lettre publiée sur le site les echos.fr

Fillon à Marseille, tout un symbole

Et pendant ce temps-là, François Fillon retourne en PACA, la région de son vrai-faux allié Christian Estrosi. Le candidat Les Républicain tient un meeting à Marseille ce mardi soir, une ville triplement symbolique. Symbolique parce que ce meeting arrive deux jours après celui de Jean-Luc Mélenchon devant 30 000 à 40 000 personnes (dix fois plus de monde que pour François Fillon ce mardi soir) ; symbolique car le FN ne cesse de progresser à Marseille, il était en tête au premier tour des dernières régionales, avec 36% des voix ; symbolique parce que c'est ici qu'Emmanuel Macron a rencontré Christian Estrosi il y a dix jours et ce dernier pourrait appeler à voter pour le candidat de En Marche en cas de duel face à Marine Le Pen, or Emmanuel Macron est l'adversaire numéro un de François Fillon et des militants Les Républicains. Christian Estrosi n'est pas là ce soir.

Et puis François Fillon n'en a pas fini avec Le Canard Enchaîné. Sur les listes électorales, l'ancien Premier ministre est toujours domicilié... à Matignon. Une mise à jour s'impose car l'actuelle maire du 7ème arrondissement de Paris peut le radier. Et elle s'appelle... Rachida Dati.

Marine Le Pen fuirait-elle les médias ?

Mise à jour aussi chez Marine Le Pen qui remanie son agenda avec une double annulation ce mardi : la candidate FN plante la matinale de France Inter et zappe une visite chez un viticulteur de l'Aube. Elle a juste maintenu son meeting à Arcis-sur-Aube (Aube), près de Troyes, donc en terrain favorable dans cette commune de 3 000 habitants, symbole d'une France rurale qui souffre de la mondialisation. Mais son entourage balaie toute idée de baisse de régime ou de trou d'air après la polémique sur le Vel d'Hiv. "C'est une polémique qui n'a aucun sens, peut-on entendre chez ses militants à Arcis-sur-Aube. C'est un débat qui n'a rien à voir dans la campagne. Ce sont les médias qui ont monté cela en épingle."

La note du débrief, avec "un Eurovision du service public"

La campagne inspire de nombreux artistes amateurs. Premier participant, une chanteuse française de 38 ans, GingerL. Elle représente Emmanuel Macron.

"En marche, ça marche", pas forcément. La musique rappelle les génériques des dessins animés des années 80, les paroles aussi d’ailleurs donc un 10/20 pour GingerL.

On change d’univers, et on part maintenant pour la Jamaïque avec un collectif d’artistes baptisé Tirailleurs2017, ils défendent les couleurs de François Fillon.

Un bon point pour le pas de côté et l’originalité (du reggae pour François Fillon, qui y aurait pensé ?) mais un mauvais point pour le plagiat, vous aurez reconnu l’air de Get up Stand up de Bob Marley donc un petit 8/20. 

Et on reste dans l’univers reggae avec cette chanson intitulée Frexit Reggae de Jean-Jacques Mazur. Il défend les idées de "François Rastafaraï Asselineau". 

Inattendu, drôle sans l’être mais ça fonctionne, c'est donc un 12/20.

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