Le débrief politique. Manuel Valls, toujours pas En Marche

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Manuel Valls n'a pas postulé au mouvement d'Emmanuel Macron, une finale sur petit-écran, le "made in france" appliqué chez les candidats, ou pas... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de mercredi 3 mai avec Yael Goosz.

L'info du débrief : Valls est toujours socialiste

C'est l'info du débrief de ce jeudi. L'ancien Premier ministre socialiste, Manuel Valls, qui a appelé à voter Emmanuel Macron après son échec à la primaire de la gauche, n'a toujours pas postulé chez les marcheurs. Car après le second tour, il y a les législatives. Bientôt la prochaine vague d'investitures d'En Marche. Pour l'instant, on ne connaît que 14 noms.

Du côté du parti Les Républicains, on espère la revanche. François Baroin a été adoubé par ses pairs, hier, pour mener la campagne. Adoubé ? Enfin presque "On n'a pas besoin de leader dans une campagne législative, a déclaré tout à l'heure l'ancien ministre Dominique Bussereau, proche d'Alain Juppé, sur la chaîne Public Sénat. Une campagne législative, ce n'est pas une élection présidentielle. C'est l'affaire de chaque candidat dans chaque terroir." Un couac très révélateur des divisions au sein de l'état-major LR. Faut-il aider Emmanuel Macron ou rester chimiquement pur ? Le débat ne fait que commencer. 

Macron/Le Pen, la finale sur petit écran

Le grand débat, lui, se déroule ce mercredi soir. Duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen à suivre sur franceinfo. Un saut dans l'inconnu ? Un saut dans l'inédit. C'est le septième débat du genre depuis 1974 mais, pour la première fois, ce n'est pas un face-à-face classique gauche/droite et, pour la première fois, le FN est assis à la table. Rendez-vous inédit, enfin, parce que les deux finalistes ne se sont encore jamais affrontés en duel. Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont déjà ferraillé lors des débats à cinq puis à 11 avant le premier tour mais là, c'est différent : 2h20 de mano a mano en direct. 

Est-ce que les débats d'entre deux tours infléchissent le rapport de force des sondages ? Plutôt non. Il y a des formules qui font mouche, qui claquent comme "l'homme du passif" ou "le monopole du cœur" mais cela n'a jamais fait basculer une élection. Mais ce cru 2017 est différent des autres. Il y a beaucoup d'indécisions et de tentations du vote blanc. Il y a Emmanuel Macron, favori sur le papier, mais porté surtout par le barrage au FN, vote par défaut plutôt que par adhésion. C'est sur ces électorats-là que les deux candidats peuvent faire bouger le curseur.

Avantage Macron à l'étranger

Le duel est même retransmis en Allemagne. D'ailleurs, dans les chancelleries européennes, aujourd'hui, c'est avantage Macron. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a très vite félicité l'europhile Macron au soir du premier tour. Presque tous les dirigeants de l'UE apportent leur soutien au candidat d'En Marche. La Britannique Theresa May s'inquiète toutefois de négociations sur le Brexit plus ardues en cas de victoire de l'ex-ministre de l'Économie. Quant aux leaders autoritaires d'Europe de l'est, ils n'apprécient guère les leçons d'Emmanuel Macron sur les Droits de l'homme.

Aux États-Unis, Donald Trump, lui, ne s'est pas prononcé mais depuis son entrée à la Maison blanche, il se montre plus conciliant avec l'Otan ou l'Europe. En fait, seul le président russe, Vladimir Poutine, semble choisir clairement Marine Le Pen, qu'il avait été "très heureux" de recevoir en mars dernier.

Les notes du débrief : le "made in France" dans la campagne

On s'est posé la question du "made in France" dans la campagne. Est-ce que les candidats produisent français, dans leurs goodies, tee-shirts et autres produits dérivés ? 

Pour Emmanuel Macron, c'est un 11/20. "Peut mieux faire", dit la Fédération indépendante du "made in France" (Fimif), qui a mené l'enquête. Le bon point c'est qu'Emmanuel Macron est transparent sur la provenance des produits dérivés. Tee-shirts, mugs et sacs sont fabriqués en France. En revanche, les sweat et les pin’s viennent d'Espagne. Pour la Fimif, la vraie faute du patron d'En Marche, c'est son site internet, hébergé et édité aux États-Unis. Un raté pour le candidat qui se dit porté sur le numérique.

Pour Marine Le Pen, le "made in France", ce n'est pas encore ça : 8/20. Au Front national, les pin's, badges, porte-clés sont clairement signalés "made in France" mais, pour le reste, c'est très vague. Les polos sont fabriqués en Europe, c'est vaste. Les briquets sont fabriqués en Chine. Sur un prospectus, les tee-shirts sont signalés "made in France" mais, sur le site, leur origine a disparu. Au meeting de Villepinte, lundi, des tee-shirts "made in Bengladesh" étaient vendus mais les étiquettes avaient été coupées. Toutes sauf celle du tee-shirt porté par le mannequin. "Il est inadmissible que des collectivités locales et que l'état français aillent faire fabriquer, soit par des entreprises étrangères, soit à l'étranger", avait déclaré Marine Le Pen au Salon du "made in France" en novembre dernier. Elle, qui prône le patriotisme économique, doit donc balayer devant sa porte avant de se définir comme "la candidate du 'made in France'".