Le débrief politique. Manuel Valls et Emmanuel Macron se télescopent

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Manuel Valls qui annonce le sauvetage de l'usine Alstom de Belfort le jour même où Emmanuel Macron tient son premier meeting de "presque candidat", Valérie Pécresse courtisée... C'est le débrief politique avec Yaël Goosz.

Manuel Valls est ravi. L'usine Alstom de Belfort est sauvée

Pur hasard de calendrier, nous indique Matignon. Mais le télescopage politique est savoureux. Les annonces tant attendues sur Alstom sont intervenues le jour où Emmanuel Macron, la bête noire de Manuel Valls, tenait son premier meeting depuis sa démission du poste de ministre de l'Économie.

Dans tous les cas, c'est un premier ministre ravi qui a annoncé mardi 4 octobre le sauvetage de l'usine Alstom de Belfort. Comme s'il avait expié la faute originelle de Lionel Jospin, qui lançait à la fin des années 1990 que "l'État ne peut pas tout" lors de la fermeture d'une usine Michelin.

Sans l'intervention de l'État aujourd'hui, Alstom n'aurait pas eu la possibilité de dire que ses salariés pouvaient voir l'avenir d'une autre manière

Manuel Valls

à l'Assemblée nationale, le 4 octobre 2016

Ce sauvetage pose une question. L'État serait-il intervenu sans la pression de la campagne présidentielle ? Arnaud Montebourg parle de "bricolage opportuniste". Nicolas Sarkozy évoque un "plan bricolé à la hâte". Chacun se fera son jugement. 

Emmanuel Macron ou l'hypercontrôle de la communication

Pour Emmanuel Macron, le temps était venu de restituer son fameux "diagnostic" de la France. En meeting à Strasbourg mardi 4 octobre au soir, le "presque candidat" à l'élection présidentielle n'a rien laissé au hasard, convoquant les journalistes dès la mi-journée, afin d'expliquer pourquoi le "diagnostic" n'a rien de démagogique, ainsi que pour dévoiler quelques propositions... qu'il faut surtout bien appeler "axes de travail", souligne son équipe.

Maîtriser la parole, l'enjeu est devenu majeur pour Emmanuel Macron, dont l'entourage est dirigé par des professionnels de la communication. Il se verra bientôt renforcé par l'arrivée de Bernard Mourad, patron d'Altice Media Group, au carnet d'adresse et au réseau bien fournis.

Après Strasbourg, Emmanuel Macron est attendu au Mans le 11 octobre, puis à Montpellier le 18 octobre. Après le "diagnostic", il est attendu sur son projet. Proposer, c'est cliver. C'est là que ses adversaires l'attendront au tournant.

Primaire à droite : Valérie Pécresse très courtisée

La primaire de la droite et du centre approche. Et certains soutiens se font attendre. Xavier Bertrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France, n'a pas pris position, tout comme Valérie Pécresse. "Regarde mon livre, page 123", a écrit récemment Nicolas Sarkozy à la présidente de la région Ile-de-France. Une page dans laquelle le candidat s'engage à supprimer le Grand Paris. La mesure ferait plaisir à Valérie Pécresse... qui n'est pas dupe de la manœuvre. 

Alain Juppé qui lui déclare "Je t'ai connu, bébé Chirac, quand tu n'avais même pas 30 ans". Nicolas Sarkozy qui lui rappelle que c'est lui qui l'a propulsée au rang de ministre. François Fillon qui lui souligne qu'elle l'avait soutenu face à Jean-François Copé. "Tout le monde est gentil avec moi", confie Valérie Pécresse à franceinfo.

À l'arrivée, Valérie Pécresse devrait pencher pour le candidat Juppé.... mais seulement quand ce dernier, ainsi que les six autres candidats, auront répondu à la lettre qu'elle va leur envoyer dans les tout prochains jours.

La note du débrief

17 sur 20 pour Yves Pozzo di Borgo, sénateur UDI de Paris. François Bayrou, Hervé Morin, Jean-Christophe Lagarde, Jean-Pierre Raffarin... Le temps d'un dîner mardi 4 octobre au soir , il réunit toutes les "stars du centre" autour de Valéry Giscard d'Estaing. Comme un parfum d'UDF... pour demander à ce que l'Europe ne soit pas oubliée dans la campagne.

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