Le débrief politique. Le porte-parole de François Fillon à son tour touché par les révélations du "Canard enchaîné"

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Le porte-parole François Fillon est à son tour éclaboussé par des révélations du Canard enchaîné, le candidat de la droite continue coûte que coûte sa campagne, François Hollande appelle à l'apaisement dans les banlieues. Tout ce qu'il ne fallait rater de l'actualité politique du mardi 14 février avec Yannick Falt.

De nouvelles révélations du "Canard enchaîné"

Le Canard enchaîné a fait de nouvelles révélations dans son édition du mercredi 15 février. Elles visent cette fois non pas François Fillon, mais son porte-parole, Thierry Solère. Il s'agit d'un acteur incontournable de la campagne du candidat de la droite. Il fut même le grand ordonnateur de la primaire en novembre dernier.  

Thierry Solère est tout d'abord soupçonné de fraude fiscale. Il aurait omis de régler une partie de son impôt sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de cette dernière année. Le parquet de Nanterre confirme d'ailleurs l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Mais il y a aussi des soupçons de conflit d'intérêts. Thierry Solère a en effet longtemps travaillé pour un groupe spécialisé dans le traitement des déchets, notamment dans son département des Hauts-de-Seine, exerçant une activité de conseil. Mais Le Canard a des doutes sur la réalité de cette activité.

Enfin, la société –de conseil également– de son épouse serait, elle aussi, dans le collimateur. Cette société aurait fait 200 000 euros de bénéfices, mais cela n'apparaît pas dans la déclaration d'activité de l'élu. D'autant que, comme François Fillon, Thierry Solère salarie son épouse comme attachée parlementaire, mais selon l'enquête du Canard, il n'a pas de permanence, ni en circonscription, ni même à l'Assemblée. De quoi peser un peu plus sur la campagne du toujours candidat de la droite François Fillon.

Thierry Solère a immédiatement annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre Le Canard enchaîné

François Fillon, droit dans ses bottes

François Fillon lui, ni ne plie ni ne rompt. Il l'a redit mardi matin devant les députés Les Républicains : "J'ai pris ma décision, je ne reviendrai pas dessus." 

L'ancien Premier ministre reconnaît que la campagne est difficile. Mais il se dit à nouveau "harcelé par la justice et par la presse." "Je ne veux pas en plus être harcelé par les parlementaires", a-t-il expliqué. 

Cette course, on peut la gagner. Est-ce que vous m'aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche ?

Le candidat François Fillon aux parlementaires Les Républicains

Pour François Fillon, il n'y a en effet pas de solution alternative meilleure que la sienne. Autrement dit, il n'y a pas plus de plan B comme Baroin, que de plan J comme Juppé, "car le risque, ce serait tout simplement l'effacement de notre famille politique", avertit le candidat.

Nouveau début de fronde dans le camp Fillon

Mais François Fillon doit faire face à une nouveau début de fronde dans son camp. Dans une lettre ouverte, des parlementaires Les Républicains rappellent que le candidat leur a demandé de tenir 15 jours. Deux semaines se sont depuis écoulées, et "aucune clarification n'est intervenue" disent-il, en évoquant leur "très vive inquiétude face à l'empêchement de leur famille politique de concourir à la présidentielle dans la sérénité et la dignité." 

Le député du Rhône, Georges Fenech est l'un des initiateurs de cette lettre, car "nous risquons un crash le 23 avril. Nous voyons bien sur le terrain (...) que nous avons énormément de mal à être audible pour la campagne présidentielle".

Georges Fenech avait déclaré il y a deux semaines sur franceinfo que "la primaire était caduque" avant de soutenir à nouveau le candidat. Il a initié un dîner lundi avec une petite vingtaine de parlementaires pour parler des difficultés de faire campagne sur le terrain. La plupart des élus décrivent en effet des retours désastreux dans leur circonscription lorsqu'ils sont sur les marchés le week-end. Mais ces frondeurs de droite frondent, puis rentrent dans le rang.

Le président joue l'apaisement en banlieue

François Hollande s'est rendu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) mardi matin, après des incidents à répétition en région parisienne, depuis la violente interpellation de Théo à Aulnay-sous-Bois. Son maître-mot lors de cette visite : le respect.

Le respect, c'est celui qui est dû à ces jeunes quand ils sont contrôlés, c'est celui que nous devons avoir tous à l'égard des institutions. Il y a le principe de la liberté de manifester, il n'y a pas l'autorisation de casser.

Le président, François Hollande

François Hollande va à Rennes jeudi, avec un nouveau déplacement dans une banlieue pour parler politique de la ville.

La note du débrief

Le débrief donne un 6/20 pour Aurore Bergé, jeune élue Les Républicains des Yvelines, elle a soutenu dans l'ordre Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet et Alain Juppé. La voilà qui rejoint maintenant Emmanuel Macron. Droite puis gauche, elle nous en fait voir de toutes les couleurs... 6/20 pour Aurore Bergé, la note du caméléon.

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