Le débrief politique. L'exécutif entre dans le dur

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Un ministre au crash test de la moralisation, l'exécutif entre dans le dur sur le front social et le front du terrorisme, Benoît Hamon en campagne contre des candidats PS... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de mardi 23 mai avec Yaël Goosz.

Macron sur le front du terrorisme

L'attentat de Manchester a évidemment été condamné de Washington à Berlin en passant par Paris. Solidarité avec le peuple britannique et la jeunesse visée, c'est le message qu'a tenu à faire passer Emmanuel Macron, dans un communiqué peu avant 9h ce mardi puis lors d'un coup de fil à Theresa May, la Première ministre britannique, à la mi-journée et, enfin, lors d'un déplacement monté à la dernière minute à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris. "Nous serons déterminés et résolus aux côtés de l'ensemble de nos partenaires européens pour lutter contre le terrorisme, partout sur notre continent", a déclaré le président de la République.

Les actes, c'est dès mercredi matin avec un conseil de défense à l'Élysée. Toutes les promesses de campagne d'Emmanuel Macron sont désormais regardées à la loupe. Au menu de ce conseil : le projet de "task force" abondamment évoqué pendant la campagne et qui est encore dans les cartons. Il s'agit d'une équipe dédiée, 24h sur 24, d'une cinquantaine de personnes, rattachées à Matignon et à l'Élysée pour éplucher et pour alerter sur toutes les remontées d'informations issues des services de renseignement. 

Deux autres projets à caractère urgent sont dans les cartons : la cyberdéfense, un quatrième corps d'armée au niveau européen pour pousser les géants du numérique à mieux traquer la propagande jihadiste, et les moyens sur cinq ans avec 10 000 recrutements prévus, trois-quarts de police et un quart de gendarmerie. Pas de rupture donc par rapport aux années Hollande mais l'ambition de renforcer l'arsenal. 

Réforme du Code du travail, acte 1

Un mardi multitâches pour Emmanuel Macron car il y a eu aussi le lancement du chantier "réforme du Code du travail". Acte 1 : le cap et les orientations. Premier contact entre le président et les partenaires sociaux qui ont été reçus à tour de rôle à l'Élysée. Acte 2, dès mercredi et la semaine prochaine : Matignon prend le relais pour entrer dans le détail et préciser le calendrier. Attention au choix et au poids des mots, on parle bien de "discussion", pas de "négociation". Le pilote est à l'Élysée. D'ailleurs, il y avait comme un loup ce mardi matin dans la cour du palais. À chacun son Macron. "Il a eu l'air de comprendre.  On verra mais le calendrier a l'air d'avoir bougé", a déclaré le cégétiste Philippe Martinez. "Grande concertation d'ici l'été prochain et un vote [pour ratifier les ordonnances, ndlr] à l'Assemblée nationale très certainement à la rentrée", a indiqué de son côté François Asselin de la CGPME.

En réalité donc, le calendrier change à la marge : la réforme ne sera pas applicable au 1er septembre. Il faudra encore quelques jours de plus pour que le parlement ratifie et que les décrets suivent. Le communiste Pierre Laurent s'y opposera de toutes ses forces. "C'est quand même incroyable : Emmanuel Macron demande une majorité législative pour, comme premier acte, lui demander de se dessaisir de son pouvoir législatif au profit du gouvernement", fait remarquer le secrétaire national du PCF sur LCP. Pierre Laurent confirme par ailleurs avoir bien avoir reçu, le 4 mai, un SMS incendiaire de Jean-Luc Mélenchon pour acter leur rupture politique. "Vous êtes la mort et le néant. Dix mois pour me soutenir, 10 minutes pour soutenir Macron. J'en ai assez".

Le ministre Ferrand, au crash test de la moralisation

Autre chantier sur la table du gouvernement, depuis lundi : la moralisation de la vie publique. Et voilà un ministre qui va donner mal au crâne au garde des Sceaux,
François Bayrou, c'est lui qui tient la plume du projet de loi. Son collègue Richard Ferrand, intime du président, devenu ministre de la Cohésion des territoires,
est épinglé par Le Canard enchaîné pour un montage immobilier favorable à sa compagne quand il dirigeait les Mutuelles de Bretagne. Richard Ferrand, poids lourd de la macronnie sous les radars, fait campagne pour les candidats de la République en marche. Les militants, présents à son meeting ce mardi soir à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), peuvent se diviser en trois catégories : ceux qui ne veulent pas y croire ; ceux qui sont déçus et choqués et qui estiment que, si c'est avéré, le ministre doit démissionner ; ceux qui estiment que "le passé c'est le passé" à condition qu'aucune procédure judiciaire ne soit engagée.

Puisqu'on parle des marcheurs, Bruno Le Maire, lui, achève sa mue. Il n'était pas investi par Les Républicains dans sa circonscription de l'Eure. C'est officiel, il va concourir sous l'étiquette LREM.

Le chiffre du jour : 7 882

7 882 candidats en lice pour ce scrutin des 11 et 18 juin, soit 14 par circonscription, c'est 1 300 de plus qu'en 2012. Il y a 42 % de femmes et une quasi-certitude : l'Assemblée sera profondément renouvelée puisque plus de 200 députés sortants ne se représentent pas. 

Ces candidatures ne sont pas toujours facilement lisibles. C'est un peu schizophrénique au PS. L'exemple-type, c'est Marisol Touraine devenue pro-Macron et menacée d'exclusion par la fédération socialiste d'Indre-et-Loire. En sens inverse, on a maintenant Benoît Hamon qui fait campagne contre des candidats investis par le PS dans une dizaine de circonscriptions : un écologiste par ci, une féministe par là et, cerise sur le gâteau, un soutien affiché au communiste Michel Nouailles à Évry (Essonne) contre Manuel Valls.

Benoit Hamon prépare la suite, comme le confirme son ami député européen Guillaume Balas : "Ce qui est important, de toutes façons, ce n'est pas le Parti socialiste en soi. C'est la gauche. On voit bien qu'en effet, il est absolument nécessaire de le reconstruire et c'est à ça, notamment, que Benoît Hamon et tous ses amis, tous ses soutiens, devront s'atteler dès la fin des législatives."

La note du débrief : 0/20 pour Cambadélis

Une mauvaise note pour un patron de parti en campagne qui perd ses nerfs. 0/20 pour l'arrachage de micro, le mauvais geste du socialiste Jean-Christophe Cambadélis qui tente de sauver son siège dans la 20e circonscription de Paris. À une journaliste de LCP qui lui demande : "C'est difficile cette campagne ?", le premier secrétaire du PS répond sèchement : "Vous allez fermer cela. On a dit à votre chaîne qu'on ne voulait pas d'images. On a dit non !" La journaliste en perd son micro et sa bonnette, qui roule sur le capot de la voiture de Jean-Christophe Cambadélis. S'il-vous-plaît, Monsieur Cambadélis, plus de leçons grandiloquentes sur la liberté d'informer. 

Vous êtes à nouveau en ligne