Le débrief politique. L'Assemblée Nationale a choisi son nouveau patron

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L'élection de François de Rugy à la présidence de l'Assemblée nationale, les premiers pas de députés dans l'hémicycle et la ligne politico-vestimentaire des élus de la France insoumise. Toute l'actualité du mardi 27 juin avec Yaël Goosz. 

François de Rugy, quatrième personnage de l'Etat 

Encore une élection ce mardi. Mais, cette fois, pour y participer, il fallait être député. Et cette fois, un seul tour a suffi. François de Rugy a été élu président de l'Assemblée nationale avec 353 voix, soit 200 de plus que son propre groupe, La République en marche. 

François de Rugy a 43 ans et il a déjà consacré la moitié de sa vie à la politique. C'est un écologiste tendance libérale. C'est un ex-EELV qui s'est mis en marche après ses 3 % à la primaire de gauche. Et pour le perchoir, il avait un coup d'avance sur ses concurrents et concurrentes. Il faut dire que pour la présidence, François de Rugy était parti tôt en campagne, dès le 14 juin, avant même d'être réélu député de Loire-Atlantique. L'architecture et l'équilibre des pouvoirs selon Emmanuel Macron ont aidé à son succès tout comme la présence d'Edouard Philippe à Matignon. 

La feuille de route de François de Rugy : réformer l'institution, ses pratiques,
remettre à plat l'immunité parlementaire, les notes de frais, modernisation et transparence. "Cet hémicycle ne doit pas être un lieu de provocation et d'anathème, un théâtre d'excès et de caricature mais bien au contraire de la sérénité, de la bienveillance et du respect dans les débats" a expliqué François de Rugy à la tribune. La "bienveillance", il en faudra tout comme la retenue quand les opposants, insoumis ou frontistes, donneront de la voix. Une majorité "Ghandi", qui fera la tortue quand les coups commenceront à pleuvoir. François De Rugy sera, lui, en position d'arbitre avec un défi : être l'animateur impartial d'une Assemblée profondément renouvelée et potentiellement électrique. 

Cette élection à l'Assemblée nationale, nous l'avons suivi depuis le réveil avec un dispositif spécial. franceinfo a passé la journée avec 4 novices. Les temps forts, c'est d'abord le frontiste José Evrard, député du Pas de Calais, qui se demandait bien où il allait pouvoir dormir ce soir. Des petits problèmes de place pour le jeune mais très grand Robin Reda, 26 ans, 1 m 95, élu député LR dans l'Essonne. Et puis, surprise, ordre alphabétique oblige, Annie Chapelier, infirmière anesthétiste à Nîmes, et désormais députée En Marche a croisé Marine Le Pen. Enfin, une insoumise déjà dans la rue, devant l'Assemblée, Mathilde Panot, 28 ans, élue dans le Val de Marne. Opposée à la réforme du code du travail.

Le quinquennat se divise par deux 

Entre 2017 et 2022, chez les députés, il n'y aura pas de baronnie, puisque tout sera remis en jeu : perchoir et présidences de commissions, au bout de 2 ans et demi. Il y aussi un souffle du changement chez les 31 parlementaires PS.  Pour la première fois depuis 1958, le groupe ne fait plus référence au socialisme. Il s'appellera "Nouvelle gauche". De son côté, l'indésirable Manuel Valls n'est plus sans famille. L'ex Premier ministre a tiré un trait sur 37 ans de militantisme au PS. Désormais, dans l'hémicycle, il siègera comme apparenté LREM. 

Ce mardi, c'était aussi une journée importante au Sénat.. L'ex président de région François Patriat était à la manoeuvre : pour créer un groupe LREM qui compte à ce jour 25 membres, composé essentiellement d'anciens socialistes. L'objectif c'est d'obtenir des moyens et du temps de parole dans les débats parlementaires,
en espérant peser plus lourd après les sénatoriales fin septembre.

La note du débrief 

Franceinfo a choisi de de donner une bonne note aux Insoumis. Une note vestimentaire, 17 sur 20.  17, comme les 17 députés insoumis entrés sans cravate dans l'hémicycle. François Ruffin est même venu en chaussures de foot. Le renouvellement, c'est peut-être ça aussi. Il y a quelques années, un collègue journaliste de france info dont je tairai le nom s'était fait refoulé de la tribune presse
parce qu'il était en chemisette. Non à la discrimination, vive les chemisettes !

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