Le débrief politique. Juppé le mou accusé de taper trop fort sur Fillon le dur

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Les partisans de François Fillon demandent à Alain Juppé de taper moins fort. Les deux candidats se seraient-ils calqués sur la primaire socialiste de 2011 ? François Hollande va-t-il profiter de la baisse du chômage pour se déclarer candidat ? C'est le menu du Débrief politique de Julien Langlet.

Juppé accusé d'aller trop loin par les fillonnistes

C'est le moment de vérité de ce deuxième tour de la primaire de la droite, entre le favori devenu outsider Alain Juppé, et le troisième homme devenu grand vainqueur du premier tour François Fillon. 

Avec 28,6% contre 44,1%, Alain Juppé a un retard conséquent, 660 000 voix à rattraper. Tellement énorme qu'il a dû changer de braquet, et la tension est monté d'un cran : le maire de Bordeaux a sorti les crocs de manière un peu trop virulente pour 215 parlementaires, soutiens de François Fillon, qui ont publié ce jeudi une tribune dans Le Figaro pour lancer un appel au calme. La veille, c'est François Fillon en personne qui s'était plaint des attaques contre ses positions sur l'IVG.

C'est une polémique inqualifiable. Jamais je n'aurais pu penser que mon ami Alain Juppé tombe aussi bas.

François Fillon

Réponse d'Alain Juppé à ces complaintes, c'était mercredi soir dans le journal de 20h de TF1 : "Il ne faut pas avoir l'épiderme trop sensible et jouer les chochottes. Pendant toute la campagne du premier tour, j'ai été accusé d'être mou. Je dis aujourd'hui que Fillon est trop dur : match nul !" 

Une sortie qui ne fait pas rire tout le monde à droite : mercredi, à l'Assemblée Nationale, beaucoup de députés se sont offusqués du comportement d'Alain Juppé, y compris parmi les anciens soutiens de Nicolas Sarkozy, à l'image du député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti : "J'appelle Alain Juppé à se ressaisir ! Il a porté des attaques caricaturales contre François Fillon. L'amertume ne justifie pas tout".

"Relax", semble lui répondre Benoist Apparu, le député-maire de Châlons-en-Champagne, et soutien d'Alain Juppé : "Ce n'est pas une question de hausser ou de baisser le ton. Il s'agit de trouver le bon équilibre entre la pugnacité, la combativité, c'est normal, sans tomber dans l'agressivité, ce qui serait anormal".

Droite dure contre droite molle, Juppé et Fillon ont-ils copié les socialistes ?

Les précédents débats de cette primaire avaient été décisifs dans le choix des électeurs, notamment  le dernier, qui avait réuni plus de 5 millions de télespectateurs. Il devrait y en avoir encore plus cette fois-ci, et il se pourrait bien que ça cogne, car les divergences idéologiques entre les deux hommes existent, ils n'ont pas la même vision.

On pourrait donc bien assister à la guerre des droites en direct à la télévision, avec une droite ultra-réformatrice d'un côté, plus libérale sur le plan économique, plus conservatrice sur le plan sociétal, une droite thatchérienne, celle de François Fillon ; et une droite réformatrice de l'autre, mais avec des réformes économiques qui vont un peu moins loin, une droite plus ouverte sur les sujets sociétaux, une droite chiraquienne, celle d'Alain Juppé.

Droite dure contre droite molle, voilà qui rappelle... la primaire socialiste de 2011, quand Martine Aubry accusait François Hollande d'être le tenant d'une "gauche molle", celui-ci disant ne pas vouloir d'une "gauche dure et sectaire".

François Hollande bientôt candidat ?

François Hollande s'est posé en invité surprise de cette campagne d'entre deux tours, avec une petite allusion, un message à l'occasion de la remise à une association pakistanaise du prix de la fondation Chirac, organisée ce jeudi matin au Musée du Quai Branly, à Paris.

Il est revenu sur le point de crispation entre les deux candidats : "Les droits des femmes doivent être défendus partout dans le monde, mais également ici, dans ce que l'on pense être des pays développés, où des femmes sont empêchées, discriminées, où l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pas encore entière, et où la liberté des femmes à disposer d'elles-mêmes demeure encore un combat".

Le chef de l'état a, dans la foulée, visité une start-up à Paris, et n'a pas boudé son plaisir, après un deuxième mois consécutif de baisse du chômage - 0,3% de moins en octobre en catégorie A. "La bataille pour l'emploi est longue, mais elle porte ses fruits", a-t-il déclaré, lui qui a fait de l'inversion de la courbe du nombre de demandeurs d'emploi une condition pour être candidat.

Fans de Macron cherchent programme désespérément

Pour sa part, Emmanuel Macron est déjà candidat, et il veut faire la "Révolution", c'est le titre de son livre-programme, sorti ce jeudi. L'ancien ministre de l'économie le dédicaçait dans une librairie du 17e arrondissement de Paris, et il a été reçu par les syndicats de la FNAC, qui l'attendaient de pied ferme ! Ils lui reprochaient un amendement qu'il avait voulu faire passer sur le travail dominical.

Emmanuel Macron est resté impassible, continuant ses dédicaces, lui qui séduit de 7 à 77 ans, ses fans disent aimer la forme, ce qu'il dégage, mais ils peinent à parler du fond : "J'aimerais bien vous parler de son programme, confiait une supportrice, mais je ne le connais pas encore. J'ai peur que ce soit un peu tard, parce que personne ne sait encore trop bien ce qu'il veut faire".

Emmanuel Macron se défend, en arguant qu'il s'agit d'un livre-projet : "Ce qui est essentiel, c'est d'expliquer la vision qu'on a pour le pays. Je l'explique sur des thèmes très divers, l'écologie, le numérique, le travail, le logement,... Mais ce n'est pas une liste de mesures techniques qui ne parlent pas à nos concitoyens, et dont on ne suit jamais la réalisation".

La note du Débrief

Un 20/20 en mauvais goût pour le Parti Socialiste ! En cause, le titre d'un billet de sa porte-parole, Corinne Narassiguin, et de Denis Quinqueton, président d'HES, une association LGBT proche du PS, qui entendait dénoncer la polémique générée par la campagne de prévention du VIH qui ciblait les homosexuels. Un billet intitulé : "Les réacs perdent les pédales". Apparemment, ils ne sont pas les seuls...

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