Le débrief politique. Jupiter à Saint-Nazaire

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Le président inaugure un fleuron industriel français, plus de temps d'antenne pour La République En Marche, le silence de Valls... Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique de mercredi 31 mai avec Yael Goosz.

Chantiers navals

J-11 avant le premier tour des élections législatives. Jupiter est à Saint-Nazaire. Jupiter, c'est le président. Emmanuel Macron s'est rendu sur le site des chantiers navals STX ce mercredi. Il passe deux jours dans l'ouest de la France : la Loire-Atlantique ce mercredi et le Morbihan jeudi matin. Fini les ors des palais et les grands-messes internationales. Première visite de terrain depuis son investiture. Une visite au cœur d'un fleuron industriel français.

Casque de chantier sur la tête, le chef de l'État vient d'inaugurer le nouveau paquebot géant "Meraviglia". "Je suis fier, nous sommes une puissance industrielle", a lancé Emmanuel Macron. Il fait de l'histoire des chantiers de Saint-Nazaire un modèle de la négociation d'entreprise : l'histoire de salariés qui, il y a quelques années, ont accepté des sacrifices, des mois de chômage technique mais qui, aujourd'hui, livrent une "merveille" ("Meraviglia" en français). Cerise sur le gâteau : MSC confirme un contrat de 4,5 milliards d'euros pour la construction de quatre bateaux nouvelle génération, soit du travail jusqu'en 2026.

Ce mercredi soir, le président dort à Vannes à la préfecture. Dîner républicain avec des élus locaux de droite et de gauche. Jean-Yves Le Drian sera là. Le ministre Richard Ferrand, l'autre breton du gouvernement, est lui aussi sur la liste des invités, sa présence est confirmée.

Chantier de la moralisation

Les chantiers navals, donc, en attendant la suite : le chantier de la moralisation, mis à mal par le feuilleton médiatique autour de ce que nos confrères du Monde ont appelé le "système Ferrand". "L'encombrant monsieur Ferrand", titrait même Le Parisien ce mercredi matin. Emmanuel Macron, lui, entend mettre à distance la presse. C'était clairement le message du conseil des ministres. 

Pourquoi le président ne coupe pas le cordon avec son ministre ? Il y a plusieurs raisons. Sa conception gaullienne du pouvoir l'amène à déléguer le sujet à son premier ministre. Ce ne serait plus de son niveau. Ensuite, il faut un garde-fou. On ne vire pas un ministre s'il n'est pas mis en examen, les seuls articles de presse ne suffisent pas. Enfin, il y a une vraie relation forte entre Emmanuel Macron et Richard Ferrand. Sans lui, il n'aurait sans doute pas constitué ce mouvement qui l'a propulsé au sommet de l'État. Richard Ferrand est un pionnier d'En Marche, le deuxième de cordée.

Mais à 11 jours du premier tour des élections législatives, attention les dégâts ! Certains marcheurs aimeraient que Richard Ferrand quitte le navire de lui-même pour ne consacrer qu'à sa circonscription. Quitter le gouvernement pour protéger le président et l'image de renouveau qu'il tente d'insuffler. Ce n'est pas un hasard si le projet de loi de moralisation sera présenté à la presse par le garde des Sceaux François Bayrou dès jeudi, 15h.

En Marche : victoire sur le temps d'antenne

La République En Marche gagne du temps dans les médias. Au sens propre. Le mouvement d'Emmanuel Macron se plaignait d'un temps d'antenne inéquitable
pour la diffusion des clips de campagne officiels sur les chaînes de radio et télé du service public. Après requête, le conseil constitutionnel revoit sa copie. Jusqu'ici, le temps d'antenne était attribué en fonction du poids des formations politiques au parlement or, par définition, le mouvement tout neuf En Marche n'est pas encore représenté.

La formation avait le droit à 12 minutes. Là, ça pourrait aller jusqu'à une heure pour les deux tours. Satisfaction de Catherine Barbaroux, qui assure l'intérim à la tête d'En Marche : "Ils nous donnent cinq fois plus de temps. C'est vrai que cela ne nous met pas à égalité des autres partis mais. Mais je trouve que ce geste est suffisamment significatif pour que nous le saluions avec très grande satisfaction. Nous aurons un temps de parole qui nous permettra vraiment de promouvoir ces visages de la République." Le CSA publiera vendredi les nouvelles règles.

Législatives : quelle consigne ?

Le débat sur le "ni ni" recrée des secousses chez Les Républicains. Se désister quand le FN est en situation de gagner, c'est la position personnelle exprimée par François Baroin. Mais ce sera au bureau politique du parti de trancher le 12 juin prochain. Bernard Accoyer, par exemple, préfère regarder tout ça au cas par cas.

Ce n'est pas plus clair non plus chez les Insoumis. "Les consignes de second tour, il y en aura. On les fera au soir du premier tour, en fonction de la carte, a assuré Alexis Corbière, leur porte-parole, invité ce mercredi soir de Questions d'Info sur LCP, en partenariat avec Le Monde, l'AFP et France info. Mais évidemment, nous ne souhaitons pas créer les conditions d'élection d'un député du Front national. J'espère que vous l'avez compris. Mais je me méfie de ces consignes à tiroirs qui ont des conséquences au vu d'une situation extrêmement compliquée avec, si ça se trouve, des gens qui vont nous prendre pour cible. J'ai besoin d'y voir clair. Je pense qu'il y aura beaucoup, et cela va être la surprise, de candidats France insoumise au second tour."

Autre invité de Questions d'Info : le premier secrétaire du PS. Jean-Christophe Cambadélis ne se remet pas de la suspension du compte pénibilité, confirmée hier soir par le Premier ministre : "C'était une grande avancée donc on voit très, très bien la différence entre la gauche et la droite."

La note du débrief : la note du silence pour Valls

Difficile à noter car il ne dit rien. C'est donc la note du silence. Manuel Valls est un candidat fantôme dans l'Essonne qui ne répond plus à la presse nationale. Julien Langlet a tenté de le suivre lors d'un déplacement au complexe sportif du Lac, à Courcouronnes. Visite au pas de charge -30 minutes montre en main-, un accueil enthousiaste des collégiens mais une grimace quand le maire d’Évry aperçoit un micro.

"Il veut qu'il n'y ait pas la moindre perturbation dans le dialogue qu'il doit de toute manière avoir les citoyens, explique Francis Chouat, le successeur de Manuel Valls à la mairie d'Évry. Ce n'est pas du tout la liberté de la presse qui est mise en cause." L'ancien-Premier ministre veut une campagne immersive, sans la presse nationale devant laquelle il s'était pourtant précipité pour annoncer son soutien à Emmanuel Macron dès le premier tour. Depuis la victoire du candidat d'En Marche, c'est une toute autre histoire. Manuel Valls est donc un candidat sans étiquette... et sans voix pour l'instant sur les ondes nationales.

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