Le débrief politique. François Fillon prépare une contre-attaque dans "Paris Match" et "le Figaro"

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La candidature à la présidentielle de François Fillon de plus en plus compromise par l'affaire Penelope Fillon, un parti Les Républicains de plus en plus divisé, la gauche qui se pose toujours la question du rassemblement. Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique du 1er février avec Yael Goosz. 

L'info du débrief : François va s'exprimer dans la presse

Huit jours après le début de l'affaire Penelope Fillon, l'ancien Premier ministre, François Fillon, prépare une offensive dans les médias, selon les informations récoltées par le débrief de franceinfo.

Le couple Fillon va être à la une du journal Paris Match, jeudi 2 février. Il y a aussi une tribune à paraître dans Le Figaro, ayant pour titre, "Pour l'honneur d'un homme et l'avenir de la France". Des personnalités de toutes obédiences ont signé cette tribune : des fillonnistes bien sûr, mais aussi des sarkozystes, comme Brice Hortefeux, ou des juppéistes, comme Jean-Pierre Raffarin.

L'autre réconfort pour le candidat vient de la présidente de la Haute autorité, Anne Levade, qui assure que "cette primaire n'est pas caduque", et qui sous-entend par la même occasion qu'il n'est pas question d'en réorganiser une. 

Pourtant, des noms de domaine ont déjà fleuri sur internet : baroin2017.fr ou encore wauquiez2017.fr.

Résister comme Jacques Chirac

François Fillon dénonce depuis plusieurs jours une campagne calomnieuse à son encontre. Cette ligne de défense rappelle celle d'un certain Jacques Chirac, qui, en septembre 2000, est cerné par les affaires.

Il doit y avoir des limites à la calmonie. Aujourd'hui, on rapporte une histoire abracadabrantesque.

Jacques Chirac, en septembre 2000

L'ancien président est réélu 18 mois plus tard. Aujourd'hui, François Fillon croit à la même renaissance, à la même évanescence des révélations. À son quartier général, mercredi 1er février, François Fillon a ainsi exhorté ses troupes à tenir encore 15 jours pour être lavé de tout soupçon.

Le camp de François Fillon se fissure

Mais 15 jours, en pleine campagne présidentielle, cela équivaut à une éternité. D'autant plus que petit à petit, les langues se délient à droite, et affirment publiquement qu'il y a urgence à changer de cheval.

Je vous le dis très franchement, je pense que le résultat des primaires est aujourd'hui caduc.

Georges Fenech, député LR

à franceinfo

Sur franceinfo, Georges Fenech ajoute même qu'il faut "provoquer dans les plus bref délais un conseil national extraordinaire pour savoir qui doit porter le projet" du parti Les Républicains.

Il n'est d'ailleurs pas le seul à se positionner aussi clairement. Il y a une autre voix dissonante : un autre député LR, Philippe Gosselin, qui demande à Alain Juppé de "réfléchir".

François Fillon charge la gauche

La parole des parlementaires se libère donc, alors que François Fillon leur avait demandé de faire bloc derrière lui. Il a même accusé la gauche d'être à l'origine des fuites, parlant d'"un coup d'État instutitonnel".

L'Élysée a répondu, par la voix de son porte-parole, Stéphane Le Foll. Celui-ci explique que "c'est une manière de faire qui n'est pas acceptable. Je trouve que chacun doit assumer ses responsabilité. Et renvoyer comme ça sur un coup d'État... on ne peut pas l'accepter". Il ajoute que "les Français attendent simplement la transparence et la vérité."

Pour la première fois, François Fillon donné perdant par les sondages

Les sondages ne font évidemment pas l'élection. Mais dans la dernière enquête de l'institut Elabe, François Fillon décroche au profit d'Emmanuel Macron. Celui-ci serait potentiellement qualifié pour le deuxième tour face à la présidente du FN, Marine Le Pen.

Malgré cela, François Fillon a promis, le mercredi 1er février, de lutter "jusqu'au bout". "Je serai candidat à la présidentielle", a-t-il déclaré au salon des entrepreneurs à Paris, mercredi après-midi.

La question est aujourd'hui de savoir si Les Républicains ont prévu un plan B, un candidat de secours pour remplacer François Fillon. François Baroin et Xavier Bertrand sont cités parmi les recours, mais restent sages comme des images. François Baroin a affirmé, en marge d'une conférence de presse de l'Association des Maires de France dont il est président, que son "soutien à François Fillon est total".

La question du rassemblement à gauche

À gauche, la grande affaire est toujours le rassemblement. Jean-Luc Mélenchon s'adresse d'ailleurs à Benoît Hamon dans un message vidéo. Avant d'envisager un contrat de gouvernement, le leader de la France insoumise voudrait que le candidat PS règle ses contradictions : comment pourrait-il continuer à cohabiter avec Myriam El Khomri après avoir pourfendu la loi travail ?

Choisissez, entre eux et nous, choisissez, entre la vague 'dégagiste' et le sauvetage de l'ancien monde, choisissez.

Jean-Luc Mélenchon dans un message adressé à Benoît Hamon

Pour l'instant, Benoît Hamon prépare son tête à tête avec François Hollande jeudi à l'Élysée.

Benoît Hamon peut dire "merci" à Christiane Taubira

"Sa voix est un vrai renouvellement", affirme l'ancienne ministre dans la Justice dans les Inrocks à paraître jeudi.

En revanche, elle dit tout le mal qu'elle pense d'Emmanuel Macron, "pur produit du système". Elle est d'ailleurs "atterrée par son effet sur de jeunes esprits" qui méconnaissent le clivage droite / gauche.

Marine Le Pen empêtrée, elle aussi, dans une affaire d'attachés parlementaires 

Le Front national est lui aussi embourbé dans une histoire d'emplois fictifs avec ses assistants parlementaires à Bruxelles. Le Parlement réclame à Marine Le Pen 340 000 euros, qu'elle ne paiera pas. Pour elle, il est clair que le Parlement européen "ne supporte pas notre existence, il ne supporte pas que nous, députés, avec nos assistants, nous luttions contre l'Union européenne"

Pourtant, l'organisme anti-fraude de l'Union européenne est formel : il y a bien entorse au règlement, et Marine Le Pen se verra prélever tous les mois la moitié de ses indemnités d'eurodéputé.

 La note du débrief :  20/20

Le débrief se fait plaisir, et donne la note de 20/20 à franceinfo et à l'association des maires de France (AMF). Un dispositif spécial va être mis en place à la Maison de la radio, à Paris, le 22 mars prochain, au sein duquel tous les candidats à la présidentielle pourront partager leurs propositions pour l'avenir des communes. 

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