Le Débrief politique. François Fillon mandate Gérard Larcher pour négocier avec les centristes

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La gauche du PS part en ordre dispersé à la primaire. François Fillon veut reprendre les privatisations pour relancer l'investissement. Gérard Larcher chargé des négociations entre Les Républicains et les centristes. Tout ce qu'il ne fallait pas manquer de l'actualité politique est dans le Débrief politique.

La gauche du PS éparpillée avant les primaires

C'est l'éparpillement à la gauche du Parti socialiste : les candidatures opposées à la ligne du gouvernement se multiplient, Arnaud Montebourg n'est pas parvenu à rassembler les mécontents sous son nom, en tout cas, pas pour l'instant.

Ils étaient pourtant nombreux à n'avoir que le mot convergence à la bouche, c'était en septembre à La Rochelle, lors d'une grande réunion des Frondeurs. Christian Paul, leur leader, clôturait le rendez-vous par un appel à l'unité pour gagner la primaire et construire une alternance à gauche : le raisonnement était simple, il fallait éviter une dispersion des candidatures anti-gouvernement, au risque de voir le candidat de l'exécutif l'emporter dès le premier tour.

Pour l'instant, Arnaud Montebourg est le seul à avoir déposé son dossier, mais Benoît Hamon dit régulièrement qu'il y aura un bulletin à son nom le 22 janvier, il devrait officialiser sa candidature en fin de semaine prochaine, le temps d'engranger le maximum de soutiens.

Seule Marie-Noëlle Lienemann semble prête à jouer le jeu du rassemblement : elle n'exclut pas de prendre ses responsabilités en fonction du contexte, explique un de ses proches. Quant à Gérard Filoche, il rame : il a saisi la Haute autorité de la primaire, car il n'arrive pas à collecter ses parrainages. Selon lui, le PS lui met des bâtons dans les roues.

Le prochain rendez-vous à gauche, ce sera samedi, lors de la convention nationale de la Belle Alliance Populaire, la BAP, qui devait initialement rassembler tous les postulants à la primaire. C'est raté, aucun ne sera à la tribune. Le discours très attendu en revanche est celui de Manuel Valls, qui lui n'est pas candidat. Du moins pour l'instant.

François Fillon veut reprendre les privatisations

François Fillon, lui, a fait son premier déplacement de candidat : il était dans son fief de la Sarthe, jeudi, sur le thème de la ruralité. Pas au cul des vaches, comme aurait dit Jacques Chirac, mais au milieu des cochons et des poulets : visite de ferme, déjeuner avec des agriculteurs et des élus, et point presse avec une déclaration choc : "Je voudrais que l'Etat recommence à investir. Nous sommes dans un pays qui est perclus de dettes, où le fonctionnement absorbe la quasi-totalité de nos ressources. Notre pays va devoir faire face à la remontée des taux d'intérêt dans les prochains mois ou dans les prochaines années, et il n'investit plus."

Comment investir quand on n'a pas d'argent ? Je veux reprendre les privatisations. Je veux que l'État sorte des entreprises du secteur commercial où il n'est pas absolument nécessaire, et qu'on réinvestisse le fruit de ces privatisations dans de grandes infrastructures.

François Fillon

Quelles entreprises pourraient être concernées ? Un très proche de François Fillon cite par exemple Orange, où l'Etat détient encore 13% du capital.

Gérard Larcher, négociateur de François Fillon auprès des centristes

François Fillon va négocier avec les centristes, et il a choisi son négociateur, c'est l'info du Débrief. Il s'agit de Gérard Larcher, le président du Sénat, un adepte du dialogue social.

C'est lui qui a été mandaté par François Fillon pour discuter avec les centristes en pleine explosion de l'UDI, avec un double objectif : négocier des circonscriptions pour les législatives, alors que 80 n'ont toujours pas été attribuées ; et dissuader François Bayrou de se présenter, car le président du MoDem entretient le doute sur ses intentions.

Gérard Larcher, homme tout en rondeur, est décidément très sollicité : il préside aussi désormais le comité politique du parti Les Républicains, qui rassemble l'ensemble des candidats à la primaire ou leurs représentants.

La note du Débrief

6 sur 20 pour Pierre Larrouturou, le septième candidat à la primaire de la gauche. L'économiste a quitté le parti à plusieurs reprises, et y est donc revenu à plusieurs reprises. Il est brièvement passé par Europe Ecologie Les Verts, avant de fonder Nouvelle Donne, dont il a été exclu cet été, puis réintégré, sa gestion des finances étant mise en cause. Mais sa candidature a peu de chances d'aller au bout, car elle risque d'être rejetée par les organisateurs de la primaire. Bref, ce qui attend Pierre Larrouturou, c'est sans doute à nouveau une nouvelle donne...

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