Le débrief politique. François Fillon, droit dans ses bottes

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Les excuses et le maintien de François Fillon, l'ironie de ses adversaires et la rencontre à venir entre Benoît Hamon et les nouveaux "frondeurs" socialistes. Tout ce qu'il ne fallait rater de l'actualité politique du lundi 6 février avec Julien Langlet.

"Je présente mes excuses aux Français." La phrase a été prononcée par François Fillon lundi 6 février lors d'une conférence de presse exceptionnelle au QG parisien du candidat à l'élection présidentielle. Des excuses, des regrets... mais pas de retrait. Après les révélations du Canard enchaîné sur les rémunérations de son épouse et de ses enfants, c'est un François Fillon droit dans ses bottes qui s'est présenté devant 250 journalistes du monde entier.

Fillon ferme la porte à un "plan B"...

Après être rentré dans le détail des rémunérations versées à son épouse en tant qu'assistante parlementaire, ainsi qu'à ses enfants, François Fillon a fermé la porte à l'idée d'un "plan B". Il a adressé une fin de non-recevoir à ceux qui dans son propre camp réclamaient sa tête. Le député du Rhône Georges Fenech, qui avait été l'un des premiers à demander le retrait du candidat, prend acte : "À partir du moment où il nous dit qu'il sera candidat jusqu'au bout, nous serons tous derrière sa candidature"

La droite semble rentrer dans le rang. François Fillon réunira mardi les parlementaires à son QG avant de partir en campagne à Troyes chez... François Baroin, dont le nom était murmuré comme possible "plan B". 

... mais ne convainc pas ses adversaires

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle a profité de cette conférence de presse pour attaquer frontalement ses adversaires à qui il demande la même transparence. "La presse n'a pas attendu François Fillon pour s'intéresser à Marine Le Pen", a souligné en réaction le directeur de campagne de la candidate Front national, David Rachline. Quant à Richard Ferrand, porte-parole d'Emmanuel Macron, il préfère retenir que "les explications données (par François Fillon) ne grandissent pas la vie et le débat politiques".

Pour Benoît Hamon, François Fillon n'a tout simplement rien compris. "C'est une stratégie dangereuse pour la France que celle qu'il vient d'adopter", a réagi lors d'un déplacement lundi à Arcueil (Val-de-Marne) le candidat récemment investi par le Parti socialiste. "On ne peut pas donner le sentiment qu'on ne s'applique pas à soi-même la sévérité et l'austérité que l'on demande à tous les autres. C'est dans ce décalage que se nichent les colères les plus dangereuses", a-t-il ajouté, craignant de voir le vote Front national se renforcer. 

Benoît Hamon pour recoller les morceaux

Mardi matin à l'Assemblée nationale, Benoît Hamon rencontre les députés socialistes pour la première fois depuis sa victoire à la primaire de la gauche. Son intervention est très attendue, notamment par les nouveaux députés "frondeurs" du Parti socialiste qui ne se reconnaissent pas dans le programme de leur candidat. Ces parlementaires réclament des inflexions, au moins des garanties sur la faisabilité de son projet.

L'occasion de voir la capacité du candidat à recoller les morceaux d'une majorité parlementaire épuisée en bout de quinquennat. Le patron des socialistes à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, s'était vu proposé le poste de directeur de campagne de Benoît Hamon... mais il a refusé de cumuler ses deux fonctions.

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