Le débrief politique. Fillon mis en examen, Macron éclaboussé et Hamon esseulé

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Avec 24 heures d'avance sur le calendrier, François Fillon a été mis en examen ce mardi, Emmanuel Macron lui est éclaboussé par des soupçons de favoritisme et Benoît Hamon abandonné par Manuel Valls. Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique du 14 mars avec Yael Goosz. 

La mise en examen de François Fillon est devenue réalité

Ce n'est plus virtuel, c'est réel. Et avec 24 heures d'avance... Il y a encore quelques semaines, qui aurait imaginé le grand vainqueur de la primaire de la droite et du centre mis en examen ? C'est la première fois qu'un candidat majeur à l'élection présidentielle se retrouve mis en examen. Certes, il y a présomption d'innocence pour François Fillon, mais en même temps des juges estiment désormais qu'il existe de "indices graves et concordants" dans cette affaire d'emplois présumés fictifs. C'est évidemment un événement politique mais le candidat et ses proches surjouent l'indifférence. Pour les fillonistes, ça ne change rien. "Le candidat lui-même a annoncé sa convocation en vue de sa mise en examen il y a deux semaines. La dramatisation d'alors a permis de purger l'événement", confie un proche de François Fillon. Devant les juges qui lui ont signifié sa mise en examen, il a refusé de répondre mais il a lu une courte déclaration dans laquelle il a notamment répété que l'emploi de sa femme n'était pas fictif. 

Le plan B n'est plus d'actualité 

A 3 jours de la clôture des parrainages, il n'y a plus de plan "B". Les plus pessimistes qui ont quitté le navire avant le Trocadéro anticipent déjà la défaite. Et les fidèles tiennent bon. La campagne continue et s'accélère, malgré les affaires. Mercredi 15 mars, Fillon tiendra meeting à Pertuis dans le Vaucluse. Jeudi, il rencontrera "le peuple" à Caen avant d'autres meetings la semaine prochaine. Dans sa nouvelle stratégie, il mise tout sur sa base, sur son projet, sur ses électeurs. Il ne cesse de le répéter depuis le rassemblement du Trocadéro, il ne dépend ni des politiques, ni des élus ni des juges. 

Marine Le Pen snobe toujours les juges 

François Fillon répond à la convocation des juges mais pas Marine Le Pen qui a snobé les magistrats la semaine dernière dans l'affaire des assistants parlementaires à Bruxelles. "On verra ça après les élections..." a-t-elle lancé. "Chez Fillon y a des soupçons d'enrichissement personnel et familial qui choquent, là on n'est pas du tout dans la même nature" a déclaré Florian Philippot, le numéro 2 du FN, premier défenseur de la présidente du parti d'extrême droite. 

 

Emmanuel Macron pas épargné par le drôle de climat de la campagne 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour favoritisme, complicité et recel.  Elle concerne un déplacement d'Emmanuel Macron, l'ancien ministre de l'Economie, au salon high tech de Las Vegas en janvier 2016. La soirée avait été organisée par Havas, avec des entrepreneurs français pour un coût de 380.000 euros, sans appel d'offres. Au QG d'Emmanuel Macron, on estime que cette enquête concerne l'organisateur et non l'ancien ministre.

Dans le même temps, l'association Anticor a saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. L'idée est de faire vérifier la sincérité de la déclaration de patrimoine du candidat. "C'est une très bonne chose" a réagi l'intéressé. "Cette autorité quand elle n'a pas tous les éléments ou qu'elle a un doute, elle le rend public et là elle ne l'a pas fait" a ajouté Emmanuel Macron, serein. 

Deux fers au feu pour l'UDI 

Peu après l'annonce de la mise en examen de François Fillon, le centriste Jean-Christophe Lagarde était au QG porte de Versailles, pour signer officiellement l'accord avec les Républicains pour les législatives. Près de 70 circonscriptions sont gagnables. Si ça casse pour Fillon à la présidentielle, il y aura l'option Macron pour les législatives. D'ailleurs Jean-Christophe Lagarde qui soutenait le plan "B" Juppé a été très clair avec son allié du moment : si le sulfureux Charles Millon figure dans l'organigramme, "on se barre dans la minute".  Le 25 mars, l'UDI votera son propre projet, très différent de celui de François Fillon sur l'école, obligatoire dès 3 ans, la formation des décrocheurs après le bac, l'Europe et les sujets de société.

 Benoît Hamon n'aura pas le parrainage de Manuel Valls

L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, ne parrainera pas Benoît Hamon. C'est à se demander à quoi servent les primaires ! Au PS, on est au bord de la rupture et beaucoup demandent à Manuel Valls de rectifier le tir. Les plus remontés sont les proches de Benoît Hamon. "Quand on a pris l'engagement de respecter une règle et qu'on est élu, au nom de l'éthique, on doit s'y tenir" estime par exemple Alexis Bachelay. Sébastien Denaja, lui, adresse un message à Manuel Valls : "Ressaisis toi" en soulignant qu'on ne peut pas brandir la menace du FN et être dans le "ni-ni, ni Macron, ni Hamon". Manuel Valls n'est pas prêt à clarifier le jeu. Il n'a pas fait de déclaration ce soir. 

Et François Hollande, qui soutient-il ? C'est l'autre info du débrief. Il ne prendra pas position avant le 23 avril.  François Hollande choisira pour le 2ème tour, pas avant.

La note du débrief 

François Hollande entre dans le tableau des candidats parrainés pour l'élection présidentielle, grâce à un maire PS du département de l'Aude, Eric Mellet.  "Il a fait le job", explique le maire de Montredon des Corbières. Hollande a donc un parrainage, il en manque 499 ! Vous le notez comme vous voulez : 0 si vous considérez que ça ne sert plus à rien, 20 si vous trouvez ça iconoclaste et courageux.  L'info côté parrainages, c'est surtout Jacques Cheminade (496) et Jean Lassale (453) qui sont tout près du but.

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