Le débrief politique. Emmanuel Macron décline poliment un éventuel soutien de François Hollande en se félicitant de sa "neutralité"

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Le troisième débat de la primaire de la gauche, Emmanuel Macron se positionne pour les législatives, François Fillon fait la paix avec Laurent Wauquiez... Tout ce qu'il ne fallait pas rater de l'actualité politique du jeudi 19 janvier, dans le débrief politique de Yaël Goosz. 

Jean-Luc Mélenchon ironise sur le "casse-noix" des socialistes

Juste avant le troisième débat de la primaire de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a utilisé l'image du casse-noix en parlant des socialistes, car ils sont, selon le candidat à la présidentielle, pris en étau entre Emmanuel Macron et lui. Avant de s'affronter, l'intérêt commun de ces derniers est de décrédibiliser la primaire socialiste, pour qu'elle fasse un flop, dimanche 22 janvier. 

Le plus frappant reste leur contre-programmation simultanée, le jour du dernier débat. Jean-Luc Mélenchon a opté pour un meeting à Florange, l'une des blessures du quinquennat Hollande. Emmanuel Macron, lui, a tenu une conférence de presse jeudi matin, avec visite de son QG à Paris, devant une centaine de journalistes.

Macron se projette déjà sur les législatives

Emmanuel Macron a opéré une accélération tactique, pour mettre la pression sur des socialistes en plein brouillard. Il lance un site Internet avec formulaire en ligne, sur lequel tout le monde peut proposer ses services, en vue des législatives. Cinq critères seront retenus pour avoir une chance d'être parmi les 577 investis : renouvellement - un candidat sur deux ne doit jamais avoir siégé à l'Assemblée, parité, pluralité, efficacité et clarté. Il faudra porter le projet et ne jamais fronder. Les socialistes tentés n'auront aucun privilège, il devront remplir ce formulaire en ligne, comme tout le monde, avec nom, prénom, motivations, etc.

Le projet d'Emmanuel Macron, le "contrat avec la Nation" comme il l'appelle, est attendu début mars au plus tard. Tout le programme d'En marche sera alors détaillé et chiffré. Début mars, c'est encore loin, Emmanuel Macron gère son temps. Le candidat à la présidentielle attend des ralliements, mais assure qu'il sait faire le tri, et n'espère pas d'appui venant de François Hollande. "Je pense que c'est une bonne chose que le président de la République garde sa neutralité vis-à-vis de ces élections présidentielles, compte-tenu de son rôle de garant des institutions, et compte-tenu de la situation du pays, et des défis qui sont les siens", a déclaré jeudi Emmanuel Macron. En fait, le candidat ne veut pas que le président nuise à la dynamique qui est la sienne. 

Le troisième débat de la primaire de la gauche

Emmanuel Macron enjambe la primaire, mais il y a bien un débat à gauche jeudi 19 janvier, et un premier tour de la primaire dimanche, avec sept candidats qui ne sont pas là pour faire de la figuration. D'abord, le match dans le match, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon vont devoir se départager. Tous les deux ont le vent en poupe : affluence aux meetings, cotes de popularité etc. Attention, toutefois, à ne pas s'écharper. Dimanche 22 janvier, il n'en restera qu'un, et l'autre devra pouvoir se rallier.

Encore faut-il que Manuel Valls se qualifie pour le second tour. L'hypothèse inverse était fantaisiste il y a quelques semaines. Elle prospère, pourtant. Le challenge de Manuel Valls est donc de résister au "Valls bashing", qui a pris le relais du "Hollande bashing".

Vincent Peillon obtient, quant à lui, le rôle du meilleur "puncher", très offensif lors du dernier débat. Il doit déjouer les pronostics qui le donnent largement derrière, et donc crever l'écran jeudi 19 janvier. L'écologiste François de Rugy doit confirmer sa bonne prestation du dernier débat. La radicale Sylvia Pinel doit, elle, se réveiller. Enfin, Jean-Luc Bennhamias doit savourer ce dernier quart d'heure de célébrité. Seul challenge commun pour tous les candidats : désenvoûter une opinion et des medias macronisés, réorienter vers eux les projecteurs, ce qui n'est pas gagné d'avance. 

François Fillon toujours sur les routes 

François Fillon est en meeting à Oyonnax, dans l'Ain. Le candidat de la droite à la présidentielle vient de se faire une ennemie de plus : Rachida Dati, furieuse depuis que sa rivale, Nathalie Kosciusko-Morizet, a été investie dans la 2e circonscription de Paris. La sarkozyste devient donc une frondeuse de plus. En revanche, François Fillon compte un frondeur de moins : Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes. Après avoir haussé le ton sur la fin des heures supplémentaires défiscalisées, et essuyé une fin de non-recevoir du candidat, le président de région (ex-sarkozyste) a calmé le jeu, face à ceux qui l'accusent de jouer la défaite. "Mon but est simple, je veux qu'il gagne, a déclaré Laurent Wauquiez. Je ne peux pas concevoir que la France refasse encore cinq ans de socialisme." D'où sa présence auprès du candidat de droite, lors de son passage à Oyonnax. 

La note du débrief

La note du rattrapage, 10,5 sur 20 pour François Hollande, qui daigne enfin s'intéresser à la primaire socialiste, ce parti qu'il a dirigé pendant onze ans ! Le journaliste de franceinfo Julien Pasqualini, qui suit le président dans les Ardennes et les Vosges, nous le confirme : ce soir il dort à Charleville-Mézières, à la préfecture, et il regardera bien le débat.

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