Le débrief politique. "Contre-productive", la rencontre Le Pen-Trump n'aura pas lieu

Benoît Hamon accélère, François Fillon remanie, et Marine Le Pen n'ira pas voir Donald Trump. Tout ce qu'il ne fallait pas rater dans l'actualité politique du jeudi 9 mars avec Yaël Goosz. 

Hamon joue son va-tout

L'état d'urgence est décrété chez les soutiens du candidat socialiste à l'élection présidentielle. Face aux "oiseaux migrateurs" qui partent chez Emmanuel Macron, Benoît Hamon appuie sur l'accélérateur. Il a reçu jeudi 9 mars un coup de main de Jean-Christophe Cambadélis : dans Le Parisien, le patron du PS appelle en substance chacun à garder son "sang-froid" et à ne pas se précipiter dans les bras du candidat d'En Marche. 

L'autre coup de main du jour est signé Bernard Cazeneuve. C'est l'une des très rares incursions du Premier ministre dans cette campagne présidentuelle. Il a fait un passage au QG du candidat Hamon pour un tête à tête consacré à la sécurité. La photo est bonne... mais Bernard Cazeneuve demande surtout à l'ex-frondeur de ne pas insulter le bilan.

La semaine prochaine, Benoît Hamon fera la présentation globale de son projet. Deux livres sont attendus : un manifeste Pour la génération qui vient, à paraître vendredi, et La politique est à nous, ouvrage co-écrit avec 29 intellectuels et artistes, qui paraîtra dans deux semaines. Le grand rendez-vous consistera en une meeting à Paris-Bercy le 19 mars. Objectif : 20 000 participants. "Il va fendre l'armure", espère un proche. Le 20 mars se tiendra le premier débat télévisé entre cinq candidats. 

Fillon, tous derrière et lui devant

En attendant d'affronter une nouvelle tempête, sa convocation chez les juges le 15 mars, François Fillon prépare son équipage. Le remaniement, c'est maintenant ! Après les défections, la réorganisation. Le ticket avec François Baroin est composté. "Il n'y a plus de chapelles, tout le monde est rassemblé", commente Luc Chatel, nouveau porte-parole du candidat Les Républicains. Mais de nombreux partants n'ont pas rejoint le navire : Bruno Le Maire, Thierry Solère et la plupart des juppéistes. La nouveauté réside dans l'absence de notes dissonantes aux micros. Après les sorties tonitruantes, ce sont désormais les silences qui font sens.

François Fillon n'oublie pas les centristes, qu'il consulte à tour de bras depuis jeudi matin. Le candidat a vu les présidents des deux groupes parlementaires UDI, ainsi que le président de la région Normandie Hervé Morin. Vendredi est attendue la photo avec Jean-Christophe Lagarde, patron de l'UDI : elle officialisera l'accord en vue des élections législatives. Le nouveau temps fort aura lieu lundi. Après les ressources humaines, François Fillon va dévoiler la toute dernière mouture de son programme.

Pas de photo Le Pen-Trump

Marine Le Pen a-t-elle toujours l'intention de rencontrer Donald Trump, le président des États-Unis, durant sa campagne ? Non, il n'y aura pas de photo Trump-Le Pen. Car la démarche serait contre-productive pour la candidate du Front national, explique son entourage.

"Trump a gagné dans une primaire du système, celui des républicains. Il a donc donné des gages pour devenir hors système. Marine Le Pen, c'est le contraire", dit ce proche de la patronne du FN. Autrement dit : elle, vient de l'extérieur, d'un parti encore regardé comme un parti différent. Elle doit donc faire le chemin inverse et rassurer.