Le débrief politique. Alain Juppé tacle les encombrants soutiens de François Fillon

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Alain Juppé à l'attaque, bataille en coulisses entre pro-Hollande et pro-Valls, Macron qui se pose en révolutionnaire, Marion Maréchal Le Pen pas convaincue par la rose bleue. C'est le débrief politique de Yaël Goosz.

François Fillon attaqué sur ses soutiens

Pas de trêve avant le second tour de la primaire de la droite. Bien au contraire ! À quelques jours du scrutin, qui se tiendra dimanche, Alain Juppé est toujours à l'offensive. François Fillon, lui, joue toujours la défense : logique vu son statut de favori.

Sur l'avortement, "le débat est clos", a estimé Alain Juppé mercredi 23 novembre. Mais celui qui se pose en candidat du rassemblement anti-FN a trouvé un autre angle d'attaque : les soutiens encombrants de François Fillon, notamment à l'extrême-droite. Outre Sens Commun, l'émanation politique de La Manif Pour Tous, on retrouve Jean-Frédéric Poisson et ses positions anti-avortement et anti-mariage gay. Un ancien candidat à la primaire qui avait dû s'excuser pendant la campagne pour des propos jugés antisémites. On retrouve également le mouvement islamophobe Riposte Laïque, le député-maire d'extrême-droite d'Orange Jacques Bompard, le député européen ex-FN Aymeric Chauprade ou encore le président de Radio Courtoisie, Henry de Lesquen.

L'équipe de François Fillon préfère positiver, en mettant en avant le soutien de Valéry Giscard d'Estaing, celui de plusieurs élus de l'UDI et du MoDem... tout en assurant commencer à ronger l'électorat de Marine Le Pen. Et de conclure : Fillon, meilleur rempart face au FN que Juppé, CQFD !

Guerre entre pro-Hollande et pro-Valls

Dans quelques semaines, les projecteurs seront braqués sur une autre primaire : celle de la gauche. François Hollande y participera-t-il ? Sa réponse est attendue début décembre. En attendant, en coulisses, la guerre d'intox entre pro-Hollande et pro-Valls fait rage.

Claude Bartolone, le président de l'Assemblée Nationale, a reçu à déjeuner mardi une quinzaine de députés socialistes. Unanimité autour de la table pour dire qu'il faut "tourner la page Hollande". "La question n'est même plus de savoir s'il sera guillotiné à la présidentielle, mais s'il arrivera jusqu'à l'échaufaud de la primaire", explique un participant.

De son côté, Manuel Valls fait passer un message en tête-à-tête à chaque député : face à François Fillon, il faut un candidat socialiste "carré", protecteur, sur la sécurité comme sur la mondialisation, qui pose des frontières et promeut des valeurs de laïcité, de progrès et de solidarité. Un bel exercice d'auto-promo, puisque Manuel Valls décline ces paroles dans une tribune à paraître jeudi dans le journal Les Échos.

Mais le maître des horloges s'appelle toujours François Hollande. "Aucun doute, il va y aller", assure un ministre qui le connaît bien. En déplacement à Arques, dans le Pas -de-Calais, mercredi après-midi, le président s'est de nouveau posé en défenseur de l'État et des fonctionnaires. La piste d'atterrissage pour sa candidature sera déblayée si les chiffres du chômage, publiés jeudi soir, sont bons, poursuit l'un de ses amis.

Emmanuel Macron fait la révolution

Dans un livre intitulé Révolution, publié jeudi, Emmanuel Macron se pose en "homme de gauche" et en "libéral". Macron le sans-culottes, ça fait sourire les proches de François Hollande, dont le ministre Stéphane Le Foll : "La révolution, ça ne se fait pas comme ça. Ce n'est pas décidé par un seul. C'est un long processus !"

Pendant ce temps, le Parti socialiste se lance dans une chasse aux sorcières. Logique ! La primaire du PS a lieu en janvier... et les "Marcheurs" de Macron comptent plusieurs socialistes dans leurs rangs. "Attention pour vos investitures aux législatives", met en garde Solférino dans un courrier. En clair : il faudra choisir. Pourtant, entre socialistes et macronistes, le député Christophe Castaner n'a pas envie de choisir : "Filoche, Lienemann ou d'autres ont fait plus de mal pendant la mandature qu'Emmanuel Macron, qui, lui, incarne un espoir."

S'il y a des responsables de l'affaiblissement du Parti socialiste, ils sont plutôt parmi les candidats à la primaire de la gauche

Christophe Castaner

soutien d'Emmanuel Macron

Peut-être Emmanuel Macron s'est-il trompé sur la primaire. C'est ce qu'on pense à la direction du Parti radical de gauche (PRG)... Avec 4,2 millions de votants, les Républicains ont signé un vrai succès populaire, démontrant que le système est peut-être capable de se réformer. Et si la ringardise c'était de refuser de débattre dans une primaire qui intéresse des millions de Français ? Question à méditer.

La note du débrief

18/20 pour la franchise de Marion Maréchal Le Pen. Elle dit tout haut ce que beaucoup de frontistes pensent tout bas : le logo de Marine Le Pen pour l'élection présidentielle de 2017, une rose bleue, ne lui convient pas. "Je n'étais pas dans la confidence de ce logo, dit-elle. Je n'ai pas participé à l'élaboration. Mais je suis solidaire de ce qui est fait dans cette campagne. En revanche, j'aime beaucoup le slogan 'Au nom du peuple'". Peut-être aurait-il fallu faire une primaire pour le logo...

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