Culture d'info. De la musique de chambre dans un Ehpad et "La Zizanie", un De Funès qui résonne avec notre époque

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Les concerts de l'Orchestre de chambre de Paris dans les Ehpad

Alors que, dans les Ehpad, les personnes âgées restent confinées, l’Orchestre de chambre de Paris, très impliqué dans les projets sociaux, propose des concerts dans des établissements de la région parisienne.

Mercredi 20 mai, deux violonistes, Kana Egashira et Franck Della Valle, ont joué devant une quinzaine de résidents de l'Ehpad Hector-Berlioz de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Le plus jeune spectateur avait 62 ans, le plus âgé, 97 ans. À leur arrivée, les musiciens ont d’abord dû se plier aux règles sanitaires en vigueur : "On nous a pris notre température. Et on a mis des masques, on a joué dans un petit jardin avec des résidents qui étaient à notre droite et à notre gauche", raconte Franck Della Valle. "Le premier résident était à cinq mètres de nous, poursuit-il, ce qui n'empêche qu'avec nos instruments, on arrive à les atteindre. Il y a eu un bon accueil parce que tout de suite, quand on est arrivé avec l'autre violoniste, on n'avait pas sorti nos instruments que, déjà, ils ont commencé à nous parler : 'Qu'est ce que vous allez jouer ? Du Chopin ou du Bach ?' J'essaie toujours d'avoir des répertoires qui parlent tout de suite."

Vivaldi et Jean-Marie Leclair, compositeur français baroque, étaient notamment au programme de ce concert, qui s’est déroulé dans une ambiance très particulière. "Étonnamment, ce qui se passe souvent, c'est qu'il n'y a pas de bruit, se remémore le violoniste, on entend les oiseaux, puisqu'on a joué dans un jardin et ils écoutent. Il n'y a plus de plaintes, parce que, malheureusement, ce sont des personnes qui peuvent souffrir physiquement. Il y a du silence. Pour nous, c'est extrêmement intéressant, extrêmement porteur, parce qu'on sent qu'on est écouté."

Ce que je retire de ce concert. C'est la qualité du silence.

Franck Della Valle, violoniste

à franceinfo

Si les résidents présents, cachés derrière des masques, laissaient peu entrevoir leurs émotions, la qualité de leur écoute traduit l’importance pour eux de ces concerts. "La musique transmet énormément de choses. On dit qu'elle s'adresse à l'âme, si on veut. Il se passe aussi des choses physiquement et je pense que pour ce public-là, c'est l'écoute bien évidemment, le fait de recevoir quelque chose, mais aussi le fait que des gens, des jeunes viennent pour eux. Il y a cette dimension là aussi où on prend du temps et on se pose avec eux", souligne le musicien.

Les résidents de l\'Ehpad Hector Berlioz à Bobigny (Seine-Saint-Denis) savourent en silence le concert donné par deux violonnistes de l\'Orchestre de chambre de Paris, le 20 mai 2020.
Les résidents de l'Ehpad Hector Berlioz à Bobigny (Seine-Saint-Denis) savourent en silence le concert donné par deux violonnistes de l'Orchestre de chambre de Paris, le 20 mai 2020. (Franck Della Valle et Kana Egashira / Orchestre de chambre de Paris)

Le 4 juin, deux musiciennes de l’Orchestre de chambre de Paris proposeront un duo violon-violoncelle dans un Ehpad du 20e arrondissement dans le cadre d’une journée à la mémoire des résidents décédés du Covid-19. Les concerts de musique de chambre en Ehpad vont se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juillet.

La Zizanie, une comédie qui résonne avec les préoccupations de notre époque

À l'affiche de La Zizanie, film de Claude Zidi de 1978, les deux grandes vedettes du cinéma français de l'époque, Annie Girardot et Louis de Funès, ainsi que des thèmes tout à fait actuels, quarante ans plus tard. La défense de l'environnement face à la surproduction industrielle, le combat politique pour l'écologie et Claude Zidi montre aussi au passage les effets de l'envahissement du domicile familial par le monde du travail.

Louis de Funès incarne un fabricant de prototypes anti-pollution, à qui des acheteurs chinois passent une commande énorme, qui l'oblige à agrandir son usine… dans le potager de sa femme. Évidemment, pour arriver à ses fins, le marchand de machines dépolluantes n'hésitera pas à noyer de produits chimiques les salades et les fleurs de son épouse. Annie Girardot, d'abord tolérante, finit par craquer. La guerre est déclarée lorsque les machines-outils s'installent dans la chambre à coucher du couple pour améliorer la productivité.
 
L'affaire se déplace ensuite sur le terrain politique. Annie Girardot décide de se présenter aux élections municipales contre son mari, sous l'étiquette écologiste. Une caricature, inspirée du débat entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand de 1974 et de l'atmosphère très misogyne de l'époque, qui s'applique encore à la lettre aujourd'hui.
 

Emploi, croissance, et industrie, contre nature et bien-être, au final l'industriel renonce à ses rêves de grandeur, provisoirement. À la fin du film, le désir de nature et le progrès technique, tout comme de Funès et Girardot, ne sont toujours pas réconciliés.

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