Retour des "gilets jaunes" : des mouvements similaires sont apparus en Belgique, en Italie et en Irak

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Une même actualité dans trois pays dans le monde : chaque jour dans le Club des correspondants, franceinfo passe les frontières. Aujourd'hui, direction la Belgique, l'Italie et l'Irak pour découvrir les mouvements inspirés par celui des "gilets jaunes".

Les "gilets jaunes" font leur rentrée, avec des manifestations prévues samedi 12 septembre dans de nombreuses villes en France. L'occasion de revenir sur les mouvements du même type nés à l'étranger. Direction la Belgique, l'Italie, et l'Irak

Les "gilets jaunes" se sont essoufflés en Belgique

Chez nos plus proches voisins, en Belgique, dès l'annonce de la première manifestation des "gilets jaunes" français, en novembre 2018, et avant même qu'elle n'ait lieu, leurs homologues belges avaient commencé à se mobiliser et à manifester en bloquant une raffinerie en Wallonie. Aujourd'hui, il y a toujours sur les réseaux sociaux une page des "gilets jaunes" de Belgique. Mais le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est assez peu active. La dernière entrée en date, c'était juin. Et depuis six mois, les rares entrées concernent essentiellement des débats sporadiques sur la gestion politique de la pandémie de coronavirus. Des débats en français uniquement, parce que ni les Flamands ni les germanophones ne se sont jamais vraiment mobilisés avec les "gilets jaunes".

La plupart de ceux qui étaient mobilisés au début ne descendent plus dans la rue. Mais les plus engagés se sont joints au mouvement pour le climat. On en retrouve certains par exemple chez Extinction rébellion. Les "gilets jaunes" ont subi de plein fouet la crise politique belge avec la démission du gouvernement fédéral en décembre 2019. Un mois après le début du mouvement, ils ont ainsi perdu leur cible principale. Puis il y a eu un très fort mouvement pour le climat, avec d'importantes manifestations à répétition qui ont concentré la mobilisation sociale. Après le confinement, c'est le mouvement Black Lives Matter qui a concentré toutes les énergies en Belgique. Il n'y a toujours pas de gouvernement classique, seulement un gouvernement fédéral d'union nationale créé pour faire face à la pandémie. Et c'est tout.

En Italie, les "gilets jaunes" devenus oranges

Les "gilets jaunes", ont pratiquement disparu en Italie. Leur mouvement n'avait en réalité jamais vraiment pris, même au commencement, début 2019. Les manifestations à Rome ne réunissaient que peu de personnes, au point parfois même d'être annulées. Entre-temps, ils ont été récupérés par un général contestataire. Ils ont même changé de couleur. Antonio Pappalardo les a peints en orange mais ils ont tout juste eu plus de succès que leurs confrères jaunes. Le discours est ici aussi contre le gouvernement, mais aussi en faveur d'un retour à la lire, à la place de l'euro. C'est ce message anti-euro qui a été répété en juin lors de la manifestation à Rome, Milan et Palerme. Plusieurs centaines de personnes y ont participé, mais le général a été dénoncé pour non-respect de la distanciation sociale. Car selon son mouvement, le coronavirus, n'existe pas. 

Si les "gilets jaunes" n'ont pas percé en Italie, c'est parce que le sentiment antisystème est en réalité déjà canalisé par le célèbre Mouvement 5 étoiles qui avait d'ailleurs soutenu le mouvement des "gilets jaunes" en France. Son leader, Luigi Di Maio s'était rendu à Paris début 2019 pour rencontrer des leaders des "gilets jaunes" français. Problème : Di Maio n'était pas seulement chef d'un parti anti-système, il était aussi et surtout vice-premier ministre. Paris l'a donc vu comme une ingérence et une provocation inacceptable d'un pays allié, l'ambassadeur à Rome avait même été rappelé pour des consultations. Depuis, le Mouvement 5 étoiles est resté au pouvoir, mais en passant d'une coalition avec l'extrême droite à une coalition avec la gauche.

Le gilet jaune, un symbole jusqu'en Irak

Dans la ville de Bassora, en Irak, de larges manifestations avait secoué le sud du pays pendant des mois. Les manifestants irakiens avaient alors eux mêmes arboré ces fameux gilets. Ces "gilets jaunes" irakiens ont commencé à manifester bien avant les Français, puisqu'on peut faire remonter le début du mouvement à 2015. Mais effectivement, ils ont adopté ces gilets lorsque les manifestations ont commencé en France. Pourquoi ? Parce qu'ils les ont vus comme un symbole de contestation contre le pouvoir. Certaines revendications étaient d'ailleurs similaires, puisqu'ils demandaient de meilleures conditions de vie et plus d'opportunités d'emploi. Mais la comparaison s'arrête là. Il faut bien comprendre que le contexte n'est clairement pas le même en Irak. L'accès à l'eau potable est limité, les coupures d'électricité incessantes, le chômage astronomique... et les forces de sécurité tirent à balles réelles pour réprimer ce genre de mouvement. 

Malgré leur persévérance, ces manifestants n'ont pas obtenu gain de cause. C'est bien pour cela que ce mouvement de contestation a continué d'une certaine manière, puisque de larges manifestations ont eu lieu de nouveau à partir d'octobre 2019. À Bagdad et dans tout le sud du pays, les Irakiens n'étaient plus vêtus de gilets jaunes à cette époque, mais leurs revendications restées les mêmes qu'en 2018. Elles étaient même plus ambitieuses puisqu'ils souhaitaient cette fois renverser tout le système politique. Ils ont alors réussi à obtenir la démission du premier ministre à un prix fort, toutefois, puisqu'il y a eu plus de 700 morts dans le pays. Depuis, la contestation s'est peu à peu essoufflée. Mais les Irakiens restent en demande de changements majeurs et des appels sont d'ailleurs lancés pour une reprise du mouvement le 1er octobre.

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