Covid-19 : les conséquences économiques de la crise sanitaire aux États-Unis, en Argentine et Tunisie

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Dans le club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se passe ailleurs dans le monde.

Selon une première estimation, publiée par l’Insee vendredi 30 avril, la croissance française repart en légère hausse au premier trimestre 2021 malgré la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 avec une augmentation du produit intérieur brut (PIB) de 0,4%. Direction les États-Unis, l'Argentine et la Tunisie pour voir quelles sont les conséquences économiques de la crise sanitaire dans ces pays.

Les États-Unis rélèvent la tête

Le département du Commerce américain est confiant. Les chiffres de la croissance au premier trimestre, publiés jeudi, sont bons. La reprise économique se poursuit, boostée par la campagne vaccinale et les plans de relance du gouvernement. Tous les signaux sont au vert et démontrent que le pays est en train de se relever de cette crise économique, la plus grave depuis la grande dépression des années 1930, a rappelé mercredi soir Joe Biden lors de son discours de politique générale au Congrès.

Au premier trimestre, le produit intérieur brut américain a enregistré une hausse de 6,4%. Il n’y avait pas eu une telle croissance trimestrielle depuis 2003. On constate aussi une reprise de la consommation, liée notamment à la réouverture des commerces, des restaurants, et aux chèques - pouvant aller jusqu’à 1400 dollars - que le trésor américain a envoyé à des millions de foyers. De plus, la campagne de vaccination a été extrêmement rapide et efficace : aujourd’hui, presque 100 millions d’Américains sont complètement vaccinés.

Il faut tout de même relativiser cet enthousiasme. D’abord l’économie américaine n’est pas revenue à son niveau pré-pandémie. Et sur le front de l’emploi, ce n’est pas encore le retour à la normale. Il y a encore près de 9 millions d’emplois perdus ou détruits, notamment dans le secteur des bars et de la restauration.

En Argentine, une situation économique inquiétante

La deuxième vague de Covid 19 frappe de plein fouet l’Argentine. Une crise sanitaire qui survient alors que le pays connaît sa troisième année consécutive de récession. Après la crise de 2018, le pays n’a pas eu l’occasion de se redresser. Au contraire, le Covid-19 n’a fait qu’approfondir les inégalités. La situation économique en Argentine est particulièrement inquiétante, surtout après une année 2020 où le gouvernement a privilégié la santé, au détriment de l’économie.

Dans un pays où un actif sur trois travaille au noir, ce long confinement a bien sûr provoqué une crise sociale et économique. Le taux de chômage s’élève à 11%, l’inflation annuelle à 36% et le fort déficit fiscal a généré une dévaluation du peso argentin de 29%. Une des monnaies qui a le plus dévalué dans le monde.

Dans ce contexte alarmant, les plus touchés sont les enfants. Selon l’INDEC, l’organisme de statistiques national, près de 58% des enfants vivent sous le seuil de pauvreté. Une situation qui a empiré au second semestre 2020, malgré les aides du gouvernement. Par ailleurs, beaucoup d’enfants n’ont pas eu accès à l’éducation. L’année dernière, les plus chanceux ont pu suivre des cours virtuels, ce qui concerne une école sur 5. D’autres ont envoyé leurs devoirs par WhatsApp ou par mail. Enfin, 10% des élèves argentins n’ont eu aucun lien pédagogique, en raison de leur situation vulnérable ou d’un manque de connexion à Internet. Ce qui fait craindre de lourdes carences pour la nouvelle génération.

La Tunisie souffre de l’absence des touristes

Le mot "catastrophique" n’est sans doute pas assez fort. Le secteur touristique représente - en temps normal - entre 10 % et 14 % du PIB. Or, depuis plus d’un an, et le début de la pandémie, il n’y a pratiquement plus de touristes en Tunisie. Si l'on s’en tient uniquement au secteur hôtelier, cela représente 27 000 emplois perdus. 

La Tunisie espère encore une reprise du tourisme pour cet été. Les professionnels planchent davantage sur la façon de limiter les dégâts plutôt que sur une reprise pour l'heure plus qu'hypothétique car le pays est en train d'essuyer une troisième vague bien plus féroce que les précédentes. Le nombre de morts augmente dramatiquement. Les autorités n’ont pas suivi le conseil scientifique qui prône la fermeture des frontières. Mais le résultat est à peu près le même. Toute personne qui voyage en Tunisie doit subir une quarantaine obligatoire de sept jours dans une chambre d'hôtel. Un hôtel choisi par les autorités et non par votre agence de voyage. 

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