Covid-19 : comment s'organise la vaccination de masse aux États-Unis, en Israël et au Chili ?

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Dans le Club des correspondants, franceinfo passe les frontières pour voir ce qui se fait ou se passe ailleurs dans le monde. Aujourd'hui, direction Israël, le Chili et les États-Unis, pour voir comment se déroule la vaccination contre le Covid-19.

La vaccination à grande échelle est l'une des armes pour tenter d'endiguer la pandémie de Covid-19. Alors que la campagne de vaccination a mis du temps à démarrer en France, aujourd'hui 4% de personnes ont reçu au moins une injection dans le pays. Les médecins généralistes peuvent désormais vacciner certains de leurs patients. Et ailleurs dans le monde, comment cette campagne de vaccination se passe-t-elle ? Direction le Chili, les États-Unis et Israël pour voir comment les autorités gèrent la distribution des doses.

Aux États-Unis, on vaccine en drive et dans des stades

Aux États-Unis, après un ralentissement la semaine dernière à cause d'une intense vague de froid, le rythme de la vaccination s'accélère. En moyenne, 1 400 000 doses sont injectées chaque jour. Pour parvenir à leurs objectifs, les Américains ont choisi de diversifier les moyens d'atteindre le plus de monde possible.

L'actrice et militante Jane Fonda a été photographiée en train d'être vaccinée, assise sur le siège passager d'un véhicule. Cela illustre la multiplication des sites de vaccination en drive. Dans des grandes villes, comme à New-York, des sites immenses sont ouverts, par exemple dans des enceintes sportives mises à contribution. Le mythique Yankee Stadium en fait notamment partie pour atteindre les populations défavorisées du Bronx. L'objectif est d'y vacciner 15 000 personnes par semaine.

En parallèle, les pharmacies américaines peuvent désormais vacciner. Enfin, le Pentagone a lancé le déploiement de milliers de soldats pour ouvrir de nouveaux sites à travers le pays. Cette montée en puissance est possible car le nombre de doses disponibles aux États-Unis ne sera bientôt plus un problème. D'ici six semaines, le pays recevra 145 millions de doses de plus. D'ici fin mai, ce sera encore 200 millions supplémentaires, avant même l'entrée du vaccin Johnson & Johnson sur le marché.

Mais même si le pays ne fait pas face à une pénurie de vaccins, il faut gérer les citoyens réticents, voire réfractaires, au vaccin anti-coronavirus. Ils seraient des dizaines de millions aux États-Unis. Il faut également gérer la logistique sur cet immense territoire. Les pharmacies pourraient donc être amenées à jouer un rôle primordial. Quant à l'objectif de 100 millions de doses en 100 jours, fixé par Joe Biden, il n'a pas été revu à la hausse. Mais s'il paraissait ambitieux il y a quelques semaines, il ne l'est plus du tout aujourd'hui.

Le Chili a commandé des doses à de nombreux laboratoires

Au Chili, plus de trois millions de personnes ont déjà reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, dans un pays qui compte 19 millions d'habitants. Le Chili fait ainsi partie des cinq pays au monde les plus avancés sur ce sujet, alors qu'il n'a commencé la vaccination pour le grand public qu'au début du mois de février.

Certes, le pays est plus riche que beaucoup d'autres en Amérique latine, mais c'est un vrai succès pour l'instant, notamment car ce pays émergent a un réseau très important de centres de santé publics de proximité. Il s'agit d'un héritage de la période de Salvator Allende, le président socialiste renversé par un coup d'État en 1973. Sous la dictature, le général Pinochet a ensuite privatisé, en partie, le système de santé, mais les centres de santé de proximité existent toujours. Ce sont les soignants de ces centres qui sont les principaux acteurs de la vaccination sur le terrain. Plus de 1 300 points de vaccination ont ainsi pu être aménagés à travers tout le pays, depuis le désert d'Atacama, au nord, jusqu'à la Terre de Feu, au sud.

Le succès de la campagne vaccinale chilienne s'explique aussi par le fait que le pays a négocié avec de nombreux laboratoires. Il a pré-acheté 36 millions de doses à Pfizer, AstraZeneca, Johnson & Johnson, mais surtout au chinois Sinovac, qui lui a déjà livré plus de quatre millions de doses d'un vaccin facile à transporter et à stocker. Au Chili, le gouvernement a pour objectif de vacciner 80% de la population d'ici juillet, même s'il vient de repousser d'une quinzaine de jours le début de la vaccination pour les malades chroniques.

En Israël, pizzas et apéros pour inciter les gens à se faire vacciner

En Israël, la moitié de la population a reçu au moins une dose, et un tiers a reçu les deux doses. Le pays a signé un accord géant avec Pfizer pour recevoir assez de doses. En échange, le laboratoire mène des études d'impact en temps réel. Comme au Chili, Israël a hérité de caisses maladies publiques très souples, datant de ses premières années travaillistes. Décentralisées, elles ont un excellent réseau de dispensaires. Mais pour aller encore plus vite, Israël a imité les États-Unis et ses centres de vaccination géants, accessibles à pied ou en voiture. Étant donné que les caisses maladies disposent d'un dossier médical numérique pour chaque malade, il est très facile d'établir le contact avec les patients par Whatsapp ou par SMS.

Israël veut convaincre le maximum de personnes d'aller se faire vacciner. Cela passe notamment par la mise en place d'un passeport vert, qui autorise seulement les personnes vaccinées à aller à la piscine, à la salle de sport ou encore au théâtre. Tout est fait pour attirer la population, comme à Jérusalem-Est, où l'on offre des pizzas à ceux qui viennent recevoir leur piqûre. À Bnei Brak, ville ultra-orthodoxe, on propose un tcholent, un ragoût traditionnel d'Europe de l'Est. À Tel Aviv, c'est même un apéro-vaccination qui est mis en place. Partout dans le pays, les gens sont invités à se prendre en photo aux côtés de leur infirmière ou bien avec la fiole du vaccin à la main pour faire de la publicité sur les réseaux sociaux. Les expatriés et les sans-papiers sont vaccinés gratuitement. L'ONU et les États-Unis demandent désormais à Israël de faire aussi bien pour ses voisins palestiniens.

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