Vaccination des adolescents : les jeunes et leurs parents hésitent et débattent à la maison

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La vaccination des 12-18 ans s'ouvre ce mardi et se fera sur la base du volontariat, avec l'accord des parents.

C'est bientôt la fin de l'année scolaire et devant cet établissement parisien, les lycéens ont hâte de se débarrasser des cours et du masque. Sur la question du vaccin contre le Covid-19 pour les ados, en revanche, ils sont plus divisés. Etienne en a déjà discuté avec ses parents et pour le moment, "ils préfèrent qu'on attende un peu, pour être sûrs qu'il n'y a vraiment pas de problème. Personnellement, je suis pour le vaccin. Je vais faire ce que préfèrent mes parents mais le plus vite sera le mieux."

La campagne de vaccination franchit une nouvelle étape mardi 15 juin avec la possibilité pour les 12-18 ans de recevoir une injection contre le Covid-19. Cette vaccination se fera uniquement avec le vaccin Pfizer-BioNTech, premier à avoir obtenu le feu vert en Europe pour être utilisé chez les mineurs. Depuis, dans les familles, les discussions sur l'opportunité de la vaccination sont animées. Chez Chloé, c'est compliqué. "Mon père veut bien mais pas ma belle-mère, et ça crée des petits soucis à la maison, explique la jeune fille. Je n'aime pas particulièrement me faire vacciner mais s'il faut, je le ferai..." "C'est pareil chez moi, enchaîne son amie. Mon père ne veut pas mais ma mère veut. Moi, je ne suis ni pour ni contre. Je vais suivre mes parents, je n'ai pas 18 ans donc je ne fais pas ce que je veux."

Quant à Myriam, 15 ans, elle n'est pas pressée. Même si elle a peur des effets secondaires, elle se dite prête à recevoir le vaccin si ça lui assure plus de libertés. "C'est vrai que si tout le monde se fait vacciner... Mais sinon, non", explique-t-elle.

Objectif : atteindre l'immunité collective 

La vaccination des moins de 18 ans se fera sur la base du volontariat avec l'accord des parents. Même si elle n'est pas du même avis, Anaïs respectera la décision de sa fille Agathe, 13 ans, qui veut être vaccinée. "Ma grand-mère est assez âgée", explique l'adolescente. "Moi, à priori, je n'y suis pas trop favorable pour le moment", confie sa mère. "Je trouve que c'est un peu tôt pour faire vacciner les enfants. Mais je ne prendrai jamais de décision pour elle, alors on se concerte. Je ne les laisse pas non plus libres sans discussion, j'essaye de leur présenter les avantages et les inconvénients."

Et ce débat dans les familles se transporte dans les cabinets des médecins, comme le constate Jean-Paul Hamon, généraliste à Clamart et président d'honneur de la Fédération des médecins de France. Quand les parents lui demandent son avis, il répond : "Il faut le faire. Aujourd'hui avec le variant anglais, on n'a pas le choix : il faut atteindre l'immunité collective. Il faut qu'on atteigne les 90% de personnes vaccinées, et sans les adolescents, on n'y arrivera jamais."

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