Tension maximale entre Barbara Pompili et la majorité

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Après cinq jours de polémique autour des menus sans viande dans les cantines lyonnaises, le divorce semble consommé entre une partie de la majorité et Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique.

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"Elle n’est pas à sa place, elle n’aurait pas dû accepter le poste", cingle un parlementaire important. Plus sévère, un conseiller d’Emmanuel Macron : "Barbara pense que le président ne la virera pas, moi si." Et encore plus sévère, un ministre : "Les gens qui trahissent sont les premiers morts dans la tranchée."

Cette mise en garde, très claire, appelle une question : pourquoi tant de colère, tant de ressentiment contre la ministre de la Transition écologique ? Elle a certes soutenu le maire de Lyon, Grégory Doucet, contre ses collègues ministres dans l’histoire des menus sans viande à la cantine. Mais cela n’explique pas tout.

Au sein du gouvernement, certains l’ont prévenu il y a des mois : "Barbara, tu ne peux pas t’isoler, il faut que tu te fasses des alliés." Il y a aussi ce vieux contentieux avec les parlementaires. "Quand elle était députée, déjà, elle ne faisait rien de collectif, jamais", lâche l’un des présidents de groupe de la majorité.

La loi Climat arrive à l'Assemblée

"Elle sait que la bonne politique c’est le pas de côté, glisse le même. Mais à force de faire des pas de côté, elle finit par tourner en rond." Touchée, pas coulée, Barbara Pompili : difficile pour le président de se séparer de celle qui porte la loi Climat, traduction législative de la Convention citoyenne. Le texte arrive en examen à l’Assemblée le 8 mars.

Au journal en ligne Reporterre, Barbara Pompili déclare qu’elle "n’acceptera aucune baisse d’ambition à l’Assemblée nationale." La phrase n’a pas plus au président de l’instance, Richard Ferrand, qui lui répond sur Twitter que "le Parlement est souverain dans l’élaboration et le vote de la loi."

Richard Ferrand, c’est l’un des élus, voire l’élu le plus proche d’Emmanuel Macron. Et si son entourage atténue la portée de ce tweet - "Richard est sourcilleux sur les droits du parlement" précise un proche -, des députés de la majorité n’ont pas du tout la même interprétation.

La ministre donne des gages

"Le tweet de Richard signe sa fin, il lui a mis une balle", analyse un marcheur, qui prédit que la ministre "finira par craquer" : "Elle sait que son avenir ne passera pas par Macron, dit le même. Elle partira d’elle-même et tant mieux."

Dans Libération, Barbara Pompili s'emploie, elle, à faire baisser la tension. Sur les menus sans viande ? "Polémique regrettable qui empêche de discuter du fond". Sur les aménagements que les députés pourront apporter à la loi Climat ? "En tant qu’ancienne parlementaire, je suis attachée au travail des élus."

"Je vais porter et pousser le projet le plus haut et le plus loin possible, promet-elle. Et dans un an et demi, quand tout sera fini, je ferai le bilan." C’est une réponse à ses détracteurs : "dans un an et demi", c’est la fin du quinquennat. Ça veut dire qu’elle ne compte pas quitter son ministère de sitôt.

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