Régionales : après l'accord LR-LREM en PACA, à qui le tour ?

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Le retrait de la liste LREM au profit du président sortant Renaud Muselier rebat les cartes pour les régionales, en semant la zizanie à droite. Bien au-delà de la seule région Provence-Alpes-Côte-d'Azur.

L’accord conclu entre En Marche et Renaud Muselier, président de droite de la région Provence Alpes-Côte-d’Azur, provoque une crise chez Les Républicains. Mais il fait aussi grincer des dents dans la majorité. D’un côté, la satisfaction d’une partie des stratèges de la Macronie, face au bazar provoqué à droite par cet accord. De l’autre, un malaise, face à une "mauvaise tactique". "Dealer au premier tour, c’était le plus mauvais choix à faire, parce qu’on va faire perdre Renaud Muselier”, confie par exemple l’un des négociateurs de la majorité pour ces élections régionales.

Ce dernier s'inquiète que les électeurs d’En Marche préfèrent s’abstenir que de voter pour un candidat de droite. Et qu’à l’inverse, les électeurs de droite boudent eux aussi les urnes pour ne pas avoir à voter pour une liste soutenue par En Marche.

“On joue avec le feu”, met en garde le même. Lui comme d’autres ne croient pas que l’expérience PACA puisse être reproduite ailleurs. Dès dimanche, d’ailleurs, on entendait des présidents de région dire “pas de ça chez moi” : à droite, Valérie Pécresse en Ile-de-France et Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, à gauche Marie Guite-Dufay en Bourgogne-Franche-Comté.

Un œil sur le Grand Est

“Le Grand Est est intéressant à regarder”, glisse un député très au fait des négociations. Là, le sortant Jean Rottner - de droite - doit affronter une liste menée par Brigitte Klinkert, ministre déléguée à l’Insertion. Une figure locale appréciée, ancienne présidente du Conseil départemental de Haut-Rhin… qui vient de chez Les Républicains. “Klinkert progresse dans les sondages et fait vaciller Jean Rottner”, note un stratège de la Macronie. Dans la dernière enquête réalisée, le Rassemblement national est donné en tête au premier tour.

Si Stanislas Guérini, délégué général d'En Marche, assurait ce lundi sur franceinfo qu'il n'y avait "pas de discussion à l'heure actuelle dans cette région", la majorité espère, en coulisses, toper avec le sortant Jean Rottner, comme ça a été fait dans le Sud avec Renaud Muselier.

Mais ce sera compliqué, parce que “le psychodrame engendré chez Les Républicains risque de figer les discussions”, note un négociateur. “Maintenant, tous ceux qui veulent bouger se diront : j’ai intérêt à attendre le second tour”, décrypte le même. “Entre les deux tours, il y aura des rassemblements possibles, prédit même un député influent. Ce sera plus facile.”

Autour d'Emmanuel Macron, on assure que la recomposition n’est pas finie. Et qu'il peut encore y avoir des accords de second tour partout où le Rassemblement national est fort. A gauche aussi, les choses s’organisent... notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Avant d’être dirigée par la droite, la région a été présidée plus de 17 ans par le socialiste Michel Vauzelle. Reprendre les rênes, la gauche en rêve... En local, on annonce une liste commune entre les Verts et le Parti Socialiste. Le Parti Communiste décide aujourd’hui s’il rejoint cette alliance, ou s’il se présente sur la liste qui fédère les Insoumis et des collectifs citoyens. Une réunion a lieu ce lundi, à 16h. On y verra alors plus clair aussi de ce côté-là du spectre politique. 

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