Professeur décapité : l’exécutif veut accélérer dans la lutte contre les discours de haine sur internet

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Comment lutter contre les discours de haine sur internet ? Une option est sérieusement envisagée par l’exécutif, celle d’enrichir le projet de loi contre le "séparatisme".

Lutter contre les discours de haine sur internet faisait partie des sujets évoqués dimanche 18 octobre en Conseil de défense. Et pour cause, Samuel Paty est devenu une cible dès lors que son nom et l’adresse de son établissement ont été dévoilés sur internet. Et l'un des derniers gestes du terroriste a été de poster une photo de la décapitation sur les réseaux sociaux. La loi qui devait permettre d’éviter les dérives et les contenus haineux en ligne, la loi du 24 juin 2020, a été en grande partie retoquée par le Conseil constitutionnel.

Mais selon nos informations, l’exécutif s’apprête à en reprendre des dispositions, à "retravailler certaines mesures pour que ce ne soit pas de nouveau bloqué par les Sages", confirme l'Élysée. L'auteure de la loi, la députée Laetitia Avia, avait elle-même apporté des modifications à son texte, pour le muscler juridiquement, et s’apprêtait à déposer cette deuxième version à l'Assemblée nationale dans les prochains jours. Ses travaux actualisés sont depuis dimanche sur le bureau du ministre de l’Intérieur. "Le problème est toujours là, les dérives sont toujours aussi importantes voire exacerbées", a-t-elle déclarée sur franceinfo lundi matin.

Emmanuel Macron veut aller vite

Levée de l’anonymat plus rapide, contraindre les réseaux sociaux à renforcer leurs dispositifs de modération des contenus… Au sein du gouvernement, beaucoup plaident pour son travail soit versé au projet de loi contre le "séparatisme", pour gagner du temps parce que "l’agenda parlementaire est déjà très chargé", rappelle un conseiller. Il sera difficile de trouver un créneau pour étudier une loi ad hoc.

Dès aujourd’hui, des procédures sont lancées contre les auteurs de messages de soutien au terroriste. Pharos, la plateforme de signalement des contenus illégaux sur internet, en a repéré 80. Des interpellations ont eu lieu dès dimanche, des opérations de police sont toujours en cours, annonce le ministre de l’Intérieur. Il y a 51 associations qui font l’objet d’enquêtes, soupçonnées de propager un discours haineux. Gérald Darmanin doit dévoiler dans la semaine un plan d’action élaboré avec son collègue du ministère de la Justice.

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