Présidentielle : le communiste Fabien Roussel entre l'hommage à l'union de la gauche version 1981 et la rivalité avec Jean-Luc Mélenchon pour 2022

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Le patron du Parti communiste français (PCF) doit voir sa candidature à la présidentielle validée par les adhérents le 9 mai.

Fabien Roussel ne sera officiellement candidat à la présidentielle qu’après le vote des adhérents communistes, le 9 mai. En coulisses, il prépare déjà activement sa campagne. On l’a vu se déployer ces derniers jours partout, en presse écrite, à la radio, à la télévision, en guerre contre les fabricants de vaccin... Et ce n'est qu'un début.

Le secrétaire national du PCF a les yeux rivés sur quelques dates clés à venir au mois de mai. Celle du 9 mai évidemment, le vote des adhérents du PCF, pour confirmer le vote des cadres du parti. Avant cela, le 1er mai, la Fête du Travail : il sera dans le cortège parisien. Et dix jours plus tard, le 40e anniversaire de l'accession de François Mitterrand à l'Elysée

Les leçons de 1981

La date inspire beaucoup Fabien Roussel. "1981, c’est la gauche des idées et de l’ambition, explique le secrétaire national du PCF. C’est l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et les nationalisations." Et quand on lui rappelle que deux ans plus tard, c’est le tournant de la rigueur, la réponse est toute trouvée : pour lui, c’est le signe qu’il faut conclure un pacte engageant avec les Français, avec un programme et non juste des alliances de personnes.

L’autre leçon qu’il retient de 1981, c’est que la gauche gagne avec deux candidatures au premier tour dont celle du communiste Georges Marchais, qui fait alors 15%. Autant dire que le symbole inspire Fabien Roussel. "On travaille à ce qu’on fait autour de cet anniversaire", confie le futur candidat. Une première réunion s’est tenue mardi sur le sujet.

Concurrence à gauche

Les autres formations doutent que la candidature communiste passe l'hiver. Au PS, on assure qu’il y aura des mains tendues jusqu’à la veille du premier tour. Les écologistes pensent qu’il monnayera son ralliement. Mais Fabien Roussel, lui, dit clairement : "J’irai jusqu’au bout."

Côté communiste, on a fait le bilan des deux précédents scrutins, 2012 - 2017, quand le parti a soutenu Jean-Luc Mélenchon. "Ça n'a pas fait progresser la cause sociale", juge Roussel. Lui veut s’adresser à ceux qui votaient à gauche avant, et qui ne votent plus du tout, les abstentionnistes. Façon de dire qu’il n’est pas là pour piquer des voix aux autres candidats de gauche.

Mais il ne faut pas se leurrer, il y aura concurrence entre eux, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d’élus nécessaires pour que le Conseil constitutionnel valide une candidature. Fabien Roussel vient d’ailleurs d’écrire une lettre aux 660 maires communistes et apparentés, pour leur dire que ce serait bien qu’ils se parlent.

Le futur candidat ne le dit pas aussi explicitement, mais l’idée est bien de les convaincre de faire un choix de cohérence, de parrainer sa candidature à lui, au détriment de fait d’un Jean-Luc Mélenchon ou d’une autre candidature qui apparaîtrait à gauche d’ici l’an prochain.

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