Les pistes de Jean-Michel Blanquer pour "armer le discours républicain" à l'école

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Le ministère de l'Education nationale élabore en ce moment un catalogue de contenus dans lequel les enseignants pourront piocher dès la rentrée.

En attendant les annonces d'Emmanuel Macron ce mercredi soir sur la fermeture ou non des écoles, Jean-Michel Blanquer continue de préparer comme si de rien n'était la rentrée de lundi. Le ministre souhaite "mettre au coeur du projet éducatif la défense des valeurs de la République". Mais comment continuer à enseigner la laïcité et la liberté d’expression après l’assassinat de Samuel Paty ?

Selon nos informations, un catalogue de contenus est en train d'être finalisé, dans lequel les enseignants pourront piocher pour leurs cours. Des dessins, des poèmes, des textes, de Jean Jaurès par exemple, des tableaux comme La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix... mais aussi des vidéos, tournées aujourd’hui et demain. Des dessinateurs, des sportifs y témoigneront de leur travail, de ce que la République a fait pour eux.

Ces vidéos pourront être projetées en classe. Difficile d'avoir les noms aujourd'hui, l'entourage de Jean-Michel Blanquer explique qu’il y a "embargo" jusqu’à ce que le montage soit validé par les personnalités qui se prêtent au jeu. 

Dans le périscolaire aussi, un vademecum de la laïcité sera dévoilé dans dix jours, et distribué dans tous les lieux d'accueil collectif de mineurs (centres aérés, de vacances, de loisirs, camps scouts et colonies de vacances). Ce document permettra aux animateurs de disposer d’outils pour répondre à tout discours s'écartant des valeurs républicaines. La formation des éducateurs va aussi être revue, via une refonte du BAFA, le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur.

Guerre avec Jean-Luc Mélenchon

En parallèle, le conflit ouvert entre le ministre de l'Education et La France insoumise redouble d'intensité. Tout part de l'interview du ministre de l’Education nationale au Journal du Dimanche, dans laquelle il accuse Jean-Luc Mélenchon d'être "un jour républicain et le lendemain islamo-gauchiste".

Réponse du berger à la bergère lundi sur France Inter : Jean-Luc Mélenchon accuse le ministre de n’avoir rien fait pour protéger Samuel Paty. "Son administration n'a rien fait. Elle est donc coupable", juge l'insoumis avant de retirer le mot "coupable", mais en maintenant le procès en "inaction". Depuis, c'est l'escalade.

Mardi à l'Assemblée nationale, les insoumis ont accusé Jean-Michel Blanquer de parler comme l'extrême-droite. Lui s'en est violemment pris à Jean-Luc Mélenchon sur les réseaux sociaux, l'accusant de mentir, insulter, et diffamer. Est-il question d’une plainte ? "C'est à l'étude", répond un proche du ministre. Si plainte il y a, elle émanera du ministère, sur le procès en inaction. "Nous ne pouvons pas laisser dire des choses fausses sur nos personnels et sur l’institution en général", explique l'entourage du ministre.

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