Le cas Muselier met (aussi) le bazar à En Marche

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Il n’y a pas que chez Les Républicains que les murs porteurs ont tremblé cette semaine. Le cas Renaud Muselier provoque aussi des tensions au sein même de la majorité.

Résumé des épisodes précédents : Renaud Muselier, président sortant de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et candidat à sa réélection pour les régionales de juin, a été successivement investi par Les Républicains, puis soutenu par En Marche, puis lâché par son camp. Tout cela en l'espace de quelques jours.

Le soutien des Républicains renouvelé sous condition

Après 48 heures de crise de nerfs et d’explications musclées, Les Républicains ont finalement décidé de lui renouveler leur soutien mardi 11 mai. À une condition : qu’il n’y ait aucun ministre ou parlementaire En Marche sur sa liste. Le problème, c’est que ce n’est pas ce qu’a dit Jean Castex dans le Journal du Dimanche. En évoquant l'accord passé avec Renaud Muselier, le Premier ministre s’est plus qu’avancé en annonçant que "Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, et que des représentants de la majorité vont intégrer le dispositif conduit par Muselier".

À En Marche, beaucoup fustigent une opération de pieds nickelés. “Une stratégie à deux balles, de la politique en éprouvette”, tonne un député qui juge que dans cette affaire, la majorité “a abîmé son Premier ministre.” Et un homme est accusé de tous les maux : Thierry Solère, conseiller d’Emmanuel Macron, et député des Hauts-de-Seine. C’est ce dernier qui a mené les discussions secrètes avec Renaud Muselier. A En Marche, on lui attribue la paternité de l’imbroglio. "Solère a de la tchatche, il est malin, mais il n’est pas secure", tacle un marcheur, qui l’accuse d’avoir laissé le Premier ministre annoncer un deal qui n’était pas solide. De lui avoir vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Matignon joue l'apaisement

"Et Jean Castex, qui se cherche un rôle politique depuis sa nomination, a sauté sur l’occasion", complète un membre du gouvernement. En coulisses, l’ambiance n’est pas excellente en coulisses, même si pour sauver la face, Matignon joue l’apaisement. "Que Muselier veuille rassurer son camp, c’est normal", explique l’entourage de Jean Castex, convaincu qu’il est encore possible de sauver le deal.

Toutefois, l’épisode laissera des traces. "Jusqu’à quand Emmanuel Macron va-t-il accepter que les choses se désorganisent de manière systémique ?" s’énerve un marcheur, les yeux rivés sur la présidentielle 2022. Certains craignent une campagne calquée sur celle de 2017, "les sept ou huit mêmes autour de Macron, de la souplesse et de l’agilité, mais pas de stratégie à plus de 4-5 jours" résume un élu. "On n’aura pas deux fois l’affaire Fillon", prévient le même, pour qui il ne faudra pas compter cette fois sur l’effondrement de candidatures rivales. "Il faut une structuration forte pour pouvoir challenger le président, plaide un marcheur de poids. Sinon on va reproduire les conneries des derniers jours."

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