Le brief politique. Onze jours avant le premier tour, la tension monte d’un cran

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Alors que les écarts se resserrent dans les sondages, avant le premier tour, les candidats à l’élection présidentielle ne s’économisent pas en amabilités, assénées à fleurets… non mouchetés.

Les écarts se resserrent dans les sondages, à onze jours du premier tour de l’élection présidentielle. Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont toujours favoris, et juste derrière eux, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont au coude à coude. Mardi 11 avril, à Marseille, au parc Chanot, le candidat Les Républicains n'a pas seulement ciblé l'ancien ministre de l'Economie : "C’est pas avec le programme communiste de monsieur Mélenchon et le retour au franc de madame Le Pen que l’économie française va redémarrer. C’est facile de dire tout et son contraire comme monsieur Macron."

Emmanuel Macron était lui à Besançon et dans le Doubs, et ne s'est pas non plus vraiment abstenu de dire du mal de ses rivaux : "Nous avons le révolutionnaire communiste, il était sénateur socialiste, j’étais encore au collège ! Nous avons Vercingétorix : depuis 35 ans il est dans la vie politique française ! Et nous avons madame Le Pen : elle a encore montré ces derniers jours, quand certains voudraient l’oublier en ne retenant que son prénom, qu’elle avait un nom, une marque, que nous connaissons trop bien."

Marine Le Pen joue la proximité

Marine Le Pen poursuit de son côté son tour de France des oubliés. Elle était mardi à Arcis-sur-Aube, près de Troyes, pour un petit meeting dont elle a fait sa marque de fabrique depuis le début de la campagne : une petite ville, un petit village, une petite salle, souvent bondé. Marine Le Pen joue avec son public la proximité, et cela fonctionne. "Il est temps, vous la France silencieuse, la France des petits, de donner de la voix !" Ce fut plus difficile hier pour Marion Maréchal Le Pen dont la réunion publique à Bayonne a été perturbé par plusieurs centaines de manifestants. Jeudi, Marine Le Pen remettra le couvert à Pageas dans la Haute-Vienne.

Benoît Hamon lui a promis de se battre jusqu'au bout. Au cours du meeting qu'il tenait à Villeurbanne mardi, le candidat socialiste distancé dans les sondages a promis de se fâcher et de dire la vérité sur le programme de ses adversaires et leur prix. En attendant, c'est le patron du Medef qui a pris. Benoît Hamon n'a pas allégé la charge contre Pierre Gattaz qui avait déclaré mardi que le candidat du PS n'y connaissait rien en économie : "Cher Pierre, vous avez raison de ne pas voter pour moi car vous n’aurez rien à attendre de moi comme président de la République si demain vous vous comportez de la manière dont vous vous comportez dans cette élection, c’est-à-dire indigne des chefs d’entreprises françaises."

À suivre aujourd’hui 

Benoît Hamon sera en région parisienne ce mercredi. François Fillon se déplace, lui, à Lyon, quand Jean-Luc Mélenchon rejoindra Lille. Emmanuel Macron sera à Pau avec François Bayrou, Philippe Poutou à Blois, Nathalie Artaud à Vénissieux et François Asselineau à Reims. Et Nicolas Dupont-Aignan sera à Yerres, dans l’Essonne, ville dont il est maire, pour montrer à la presse ses réalisations qui ont inspiré son programme pour la nation. 

La note du brief 

Un 20/20 en récupération pour Nicolas Dupont-Aignan, venu mardi devant la tour Eiffel à Paris profiter des médias venus assister à l'arrivée de la marche citoyenne des oubliés, organisée par l'association des paralysés de France pour sensibiliser sur l'exclusion dont souffrent beaucoup de personnes handicapées. Une façon pour lui d’apporter des propositions aux candidats et obtenir des rendez-vous. Un appel qu'a devancé le candidat de Debout la France avec un zèle certain... Pascale Ribes, vice-présidente de l’APF, n’est pas dupe : "Vous êtes le bienvenu, mais c’est une mobilisation citoyenne… Pas de récupération politique, s’il vous plaît…Là, c’est trop facile…", commente-t-elle lors de son passage.

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