Le brief politique. Macron fait un appel du pied aux électeurs de Mélenchon

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Pas de quartiers pour le 1er mai : les deux candidats en lice pour le deuxième tour de l’élection présidentielle ne se sont pas montrés économes de piques adressées par meetings interposés. Emmanuel Macron, lui, s’est fendu d’un appel du pied aux Insoumis.

Les deux candidats ont tenu hier leur dernier grand meeting avant le deuxième tour dimanche. Pas de dépôt de gerbe aux pieds de Jeanne d'Arc pour Marine Le Pen, qui dit avoir changé de statut dans cet entre-deux tours, mais un grand rassemblement devant plus de 10 000 personnes à Villepinte. Une ovation d'abord pour le rallié Nicolas Dupont-Aignan, avant qu'à la tribune Marine Le Pen ne s'en prennent très violemment au candidat d'En Marche ! : "Emmanuel Macron, c’est François Hollande qui veut rester et qui s’accroche au pouvoir comme une bernique. Ce candidat sortant, nous allons le sortir !" Réponse du berger à la bergère : "Madame Le Pen a parfaitement résumé la situation ce midi : elle a dit, c’est En marche ! ou crève. Elle a raison : en marche, c’est nous !"

 Le candidat d’En Marche !, en a profité, dans le 20h de TF1, pour faire un petit appel du pied à Jean-Luc Mélenchon et ses électeurs. Surtout à ses électeurs, d’ailleurs, avec quelques propositions : "Entendre la vie démocratique différemment en portant une réforme qui consistera à mettre de la proportionnelle, renouveler la vie politique. Et créer la possibilité de mieux associer les forces citoyennes, les ONG, les associations, le jour d’après." 

Royal et Cazeneuve à la rescousse 

Au premier rang, Ségolène Royal, la ministre de l'Environnement, choquée par les propos de Marine Le Pen : "Je suis consternée par l’agressivité, la violence… Cela ne me surprend pas : c’est la méthode quand on n’a pas de projet, pas de programme. Ou qu’on veut les dissimuler. On attaque, on dénigre, on abaisse, on salit." 

Ce n'est pas la seule membre du gouvernement à prendre position. Il y avait déjà eu Jean-Yves Le Drian, maintenant c’est au tour du Premier ministre. Dans une tribune publiée ce mardi matin dans Libération et intitulée "La France a besoin de clarté", Bernard Cazeneuve appelle à faire échec "au projet funeste du Front national". Il demande aussi à Jean-Luc Mélenchon de clarifier sa position et d'appeler à voter Emmanuel Macron. 

La note du brief 

La note du plagiat, ou celle du clin d’œil assumé, c’est selon. On savait que depuis quelques jours Marine Le Pen faisait de l'œil aux électeurs de droite. Ainsi a-t-on relevé dans ses discours des références à la France forte, la France qui se lève tôt, chères à Nicolas Sarkozy. Lundi, à Villepinte, personne n'a cependant vu venir ce plagiat de pan entier du discours que François Fillon avait prononcé le 15 avril dernier au Puy en Velay.

Et que le site "Ridicule TV" qui faisait la campagne de François Fillon a exhumé. Interrogés sur ce point, le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline et Florian Philippot, livrent au Monde et à l’AFP la même réponse : "Un clin d'oeil assumé à un bref passage touchant d'un discours sur la France, d'une candidate de rassemblement qui montre qu'elle n'est pas sectaire..."

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