Laurent Wauquiez, candidat en région Auvergne-Rhône-Alpes, meilleur ennemi d’Emmanuel Macron

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Le secret de polichinelle a été levé : Laurent Wauquiez est candidat à sa réélection à la tête d’Auvergne-Rhône-Alpes, il l’a annoncé mardi 11 mai. Sa victoire sera sans doute un préalable avant d’affirmer ses ambitions présidentielles. De son côté, la Macronie entend en faire son meilleur ennemi.

La chose semble acquise pour les partisans d’Emmanuel Macron : la réélection de Laurent Wauquiez à la tête d’Auvergne-Rhône-Alpes aux prochaines élections régionales ne sera qu’une formalité. "L’homme fort des régionales, ce sera lui" annonce un ministre. Un cadre de la majorité prédit même : "Bertrand risque de perdre, Pécresse risque de perdre, ça fait deux morts, et Wauquiez, lui, va gagner tranquille."

Favori des sondages, Laurent Wauquiez a officialisé mardi qu'il briguait sa réélection en Auvergne-Rhône-Alpes en juin. Campagne régionale, et campagne interne à la fois : à peine réélu, Laurent Wauquiez annoncerait alors sa candidature à la présidentielle, avant de se faire désigner par son camp : "S’il arrive à imposer une primaire fermée, les militants iront vers lui ou vers Retailleau" assure un stratège de la Macronie. Dans tous les cas, croit savoir le même, "il tordra le bras à tout le monde et se fera désigner candidat de la droite à la présidentielle". La majorité anticipe donc un retour gagnant de l’ancien patron de LR, avec des airs de prophétie auto-réalisatrice.

Une ligne "droite populaire trumpiste"

Car, ceux qui tentent de faire "travailler la poutre", comme ils le disent, c’est-à-dire de vider la droite de sa frange modérée, tiennent le raisonnement suivant : Laurent Wauquiez est, et il l’assume, sur une ligne droitière, "droite populaire trumpiste" dixit un ministre. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy est donc clivant, et s’il était désigné, il permettrait à Emmanuel Macron d’être le candidat d’une droite modérée et donc de rassembler plus largement.

Deuxième postulat, conséquence du premier : une partie de LR, tendance plus centre droit, pourrait alors être tentée de fuir vers le chef de l’Etat. "Beaucoup de grands élus de droite ne voudront pas de cette configuration" prédit un soutien du président. Certains d’ailleurs, le font déjà savoir en privé.

C’est sans doute à l’automne que les choses pourraient se décanter. Potentiellement un peu plus tard pour les députés LR : "Si on n'a pas de candidat à Noël, le groupe risque d’imploser" s’inquiète un cadre de la droite. Même chose pour un candidat qui ne ferait pas recette. La Macronie semble donc avoir des raisons de s’enthousiasmer, sauf si rien ne se passe comme prévu. Petit conseil d’un rouage de la majorité : "On pourrait aussi arrêter de jouer aux apprentis sorciers."

Vous êtes à nouveau en ligne