Emmanuel Macron est-il "cuit" ? : la théorie du "trou de souris" pour 2022

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Théorie la plus communément partagée en ce moment par les politiques, elle explique pourquoi tant de candidats pensent pouvoir gagner la présidentielle à venir.

Certains l'appellent le “trou de souris”, d'autres le "mouchoir de poche". Derrière ces termes, une même théorie : celle que l’élection présidentielle se jouera à peu de choses, avec une fenêtre de tir extrêmement étroite au premier tour. "Ça se jouera entre 18 et 20%", pronostique Xavier Bertrand, le président de la région des Hauts-de-France, sans doute candidat.

À gauche, des voix parient aussi sur un ticket d’entrée au second tour dans cette même fourchette. Et au sein même du gouvernement, un ministre se réfère aux mêmes chiffres, avant de s’alarmer d’un excès d’optimisme autour d’Emmanuel Macron.

Bons et mauvais jours

"Ceux qui lui disent qu’il peut être entre 24 et 28% sont fous, me dit ce ministre. Le président a un socle électoral à 24% les bons jours, 18% les mauvais". Ce qui veut dire que ce sera, selon lui, une élection de premier tour. Et que le mieux placé en avril 2022 est quasi assuré de l’emporter en mai.

La théorie explique pourquoi les candidats sont si nombreux. Depuis quelques semaines, l’opposition ne croit plus qu’Emmanuel Macron puisse faire son score des meilleurs jours. Et rappelle que 24%, c’est le score obtenu par le président au premier tour en 2017.

"Macron est cuit"

Depuis il y a eu une conjonction de crise. "Sanitaire, sociale, économique, terroriste et politique", liste un de ses soutiens. Toutes les oppositions sont donc convaincues que "Macron est prenable", pour utiliser l’expression de Valérie Pécresse, qui préside la région Île-de-France.

"Macron ne le sait pas encore, mais il est cuit", lâche, catégorique, un baron de la droite. "Notre sujet, c’est comment on passe au second tour, poursuit le même. Si on est au second tour, on gagne dans tous les cas."

Même challenge à gauche. Eric Piolle, maire écologiste de Grenoble, et candidat à la primaire, a théorisé les conditions d’une victoire. "Elle tient à notre capacité à faire tomber des mains de Macron le totem de 'rempart à Marine Le Pen', explique Piolle. Si on y parvient, on gagne plein de points tactiques."

Le scénario du pire

Autour d'Emmanuel Macron, on fait valoir que 2022 n'est pas (encore) un sujet. L’entourage du président se refuse donc officiellement à aborder l’échéance. Mezzo voce, le scénario du pire n’est pas écarté. "Le vrai risque pour Macron, c’est le surgissement d’un Macron 2", pointe un compagnon de route historique. Autrement dit une nouvelle candidature disruptive.

Un autre macroniste, très proche du chef de l’Etat, va encore plus loin en évoquant même le risque de ne pas pouvoir se présenter. "Le président ne pense pas être empêché, moi je vois que Hollande a créé un précédent", confie ce proche.

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