Crise sanitaire, économique... Pourquoi les politiques se passionnent pour la dette

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Gauche et droite s'emparent ces jours-ci de la question de l'endettement. Et cela ne doit rien au hasard.

La dette atteindra cette année, selon les projections officielles, plus de 120% du PIB. C'est colossal. Et il y a deux façons d’aborder le sujet : par l'enjeu économique ou par la réponse politique à apporter.

La première méthode, technique donc, a été déclinée par la chef économiste du Trésor, ce weekend dans Le Parisien / Aujourd’hui en France. "L'endettement ne peut pas augmenter indéfiniment", met en garde Agnès Bénassy-Quéré. Pour elle, la solution, c’est de recréer de la croissance. Et il y a une façon plus politique de s’attaquer au sujet. C'est l’entourage d’Anne Hidalgo qui l’explique le mieux : "La dette, ça permet de recréer le clivage droite / gauche." Et donc, pour le Parti socialiste ou Les Républicains, d’échapper ou de clore le chapitre de la recomposition politique enclenchée par l’élection d’Emmanuel Macron.

Taxer les plus riches...

Pour cela, il suffit de poser LA question : comment rembourser la dette ? Et c’est là qu’il y a une réponse de gauche, et une réponse de droite. À gauche, Anne Hidalgo par exemple plaidera pour un remboursement au niveau européen qui soit étalé dans le temps, quand Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon réclament l’annulation de la dette. 

Là où tous se retrouvent, c’est sur l’effort à demander aux plus riches. Pour rembourser la dette, recréer l’impôt sur la fortune. Et contraindre à une contribution exceptionnelle les groupes qui ont profité de la crise - Amazon et la grande distribution notamment. 

... ou travailler plus

À droite, le président des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, avance lui aussi ses pistes : des mesures fiscales en faveur des entreprises, travailler plus pour recréer de la croissance, et donc résorber mécaniquement de la dette, et réformer l’Etat. "Il faut que la dépense publique soit plus efficace", plaide le candidat à la primaire LR.

L'exécutif, ayant bien senti le piège politique derrière ce sujet, a nommé une commission d'experts, qui doit  remettre fin février des propositions au gouvernement sur le remboursement de la dette. Et l'aider - entre autres - à sortir de ce débat politique à haut risque à un an de la présidentielle. Présidée par Jean Arthuis, ancien ministre de Jacques Chirac, la commission compte aussi en son sein Marisol Touraine, ancienne ministre de François Hollande, Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef, ainsi que d'autres dirigeants du privé et hauts fonctionnaires français et européens.

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