Projet Jéroboam : quand la CGT dit oui à la Bourse

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La CGT va accompagner l’introduction d’une société en bourse. Il s’agit d’une ancienne filiale de Saint-Gobain (Verallia, numéro trois mondial des emballages en verre). L'idée est de réaliser une opération socialement responsable.

La CGT va accompagner l’introduction en Bourse de Verallia (une ancienne filiale de Saint-Gobain). L'idée est de réaliser une opération socialement responsable. Cet objectif n’est pas étonnant, il répond à la demande du moment. C’est l’initiative de la centrale syndicale qui mérite d’être regardée de plus près. Verallia est aujourd’hui détenue à 90% par la société de capital investissement américaine Apollo, et à 10% par Bpifrance, l’ex-banque publique d’investissement. Si les conditions de marché le permettent, l'introduction sur le marché devrait être réalisée dans le courant du second semestre.

Projet "Jéroboam"

Le syndicat a baptisé ce projet "Jéroboam", du nom de la bouteille qui est encore plus grosse que le magnum.  Il faut dire que cette introduction en bourse devrait être la plus importante de l’année en France avec une valorisation estimée entre quatre et cinq milliards d’euros. En décidant d’accompagner cette opération, la CGT – premier syndicat du verrier en France – entend éviter à Verallia le sort qu’a connu une autre filiale de Saint-Gobain à la fin des années 2000. Saint-Gobain Desjonquères, au bord de la faillite, avait été rachetée par un fonds américain avant d’être revendue à un chinois. La centrale explique vouloir un actionnariat pérenne pour l’entreprise qui est aujourd’hui en bonne santé et qui a de très beaux marchés à l’international.

Que prévoit exactement le projet de la CGT ?

Vouloir un actionnariat pérenne, c’est, aux yeux du syndicat, associer les salariés. Le projet est donc industriel et social. La CGT propose que Bpifrance double sa participation au capital de 10 à 20%, que le "flottant" (les actionnaires en bourse) soit composé essentiellement de fonds socialement responsables, et que les salariés prennent 7,5% du capital. Les salariés prendraient ainsi une part significative au conseil d’administration, donc dans la gouvernance directe du groupe.

Des chances d’aboutir ?

Selon la direction de Verallia, ces objectifs sont déjà intégrés dans la vie de l’entreprise. Mais le plus intéressant à noter, c’est la rupture que marque l’initiative de la CGT : elle change le regard que l'on peut porter sur le syndicat en tant que tel. Nous ne sommes plus dans l’obstruction quasi-systématique mais dans la volonté de co-construire. Un duo capitalisme-syndicalisme nouvelle génération  en quelque sorte. À suivre car cela pourrait donner des idées.  

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