Le brief éco. Y aura-t-il du nucléaire en hiver ?

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EDF décide l’arrêt de cinq réacteurs nucléaires pour contrôle. C’est l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) qui le lui demande et c’est toute une filière très décriée qui revient à la une de l’actualité.

C’est une pierre supplémentaire dans le jardin des partisans du tout nucléaire et qui pose la question de l’état du parc français. La décision d'EDF de mettre à l’arrêt cinq nouveaux réacteurs : Civaux (Vienne), Fessenheim (Haut-Rhin), Gravelines (Nord), Tricastin 2 et 4 (Drôme) ne fait que suivre les prescriptions de l’ASN. L'Autorité de sûreté nucléaire veut s’assurer de la stricte conformité de plusieurs composants, pour la plupart des pièces essentielles au bon fonctionnement d’une centrale. 

La demande de l’ASN fait suite à des précédents

Dans la ligne mire de l’Autorité il y a les éléments fabriqués par les forges d’Areva au Creusot, dont une précédente enquête retentissante avait permis de découvrir des failles dans certains composants… notamment de fortes concentrations de carbone qui affaiblissent les propriétés mécanique des matériaux.

De telles procédures de contrôle sont déjà en place ailleurs. Dans ce cadre, au total sept réacteurs sont aujourd'hui à l’arrêt. Si l’on ajoute les autres qui le sont pour des procédures d’entretien traditionnelles, le total est porté à 21 réacteurs arrêtés sur les 58 que compte la France.

A l’approche de l’hiver, notre alimentation en énergie est-elle assurée ?

Le pic de consommation se situe traditionnellement autour de la première quinzaine de février. On a donc le temps de voir venir. Une opération de maintenance de centrale ne dure jamais que quelques semaines, sauf gros pépin qui nécessite le changement de matériel, beaucoup plus handicapant et coûteux. Sur le fond, on assiste à une opération vérité sur le parc nucléaire français, ce qui est plutôt rassurant au nom de la transparence.

Quelles conséquences pour le consommateur

Aucune conséquence n’est attendue pour l’instant en termes d’approvisionnement, dit-on chez RTE (Réseau de transport d'électricité). Mais vu les nombreuses opérations de maintenance, EDF a préféré réviser à la baisse sa prévision de production pour 2016 (-9%). Restent les prix. Dans ces périodes de tension, les prix  "spot" (les cours fixés pour une livraison immédiate) sont poussés vers le haut, normalement sans répercussion sur le consommateur final. Mais dans l'hypothèse où EDF serait contrainte de remplacer certaines pièces défectueuses, le vrai perdant serait l'environnement car, après l'importation d'électricité, on se reporterait sur les centrales à charbon ou au fioul. Au mieux, le report se ferait sur l'éolien ou le photovoltaïque mais avec des capacités limitées.

Quoi qu'il en soit, EDF n'avait pas besoin de cela à quelques semaines de la finalisation du rachat de la division réacteurs d'Areva.

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