Le brief éco. Renault était en panne bien avant le coronavirus

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La dégradation de la situation de Renault ne date pas uniquement de ces derniers mois et de la pandémie de Covid-19. 

Renault vient de rendre public son plan d’économies. Le constructeur automobile a confirmé des coupes de deux milliards d’euros et 4 600 suppressions d’emplois en France. Le constructeur n’aura pas attendu la crise du coronavirus pour connaître de sérieuses difficultés. 

Carlos Ghosn avait sauvé Renault il y a 20 ans en s’alliant avec le japonais Nissan mais, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Affaiblissement de la marque en Europe, difficultés du partenariat au sein de l’alliance avec Nissan et Mitsubishi, et affaire Carlos Ghosn : Renault est contraint aujourd’hui d’en tirer les conclusions.

Recomposons rapidement le décor, à commencer par l’échec de la montée en gamme. Si la marque au losange a gagné des parts de marché en Europe depuis 2009, c’est grâce, notamment, à Dacia, la filiale à bas coûts installée en Roumanie. Pas très valorisant. À quoi s’ajoutera, notamment, l’échec du modèle Espace, sujet à de gros problèmes techniques. Plus lourd encore, Renault a manqué le virage des SUV, ces voitures aux airs de 4×4. La Kadjar fera un flop face à la Peugeot 3008.

L'échec de la course au volume

Au-delà de l’affaire de mélange entre sphère professionnelle et privée du patron déchu, aujourd’hui réfugié au Liban, l’héritage industriel de Carlos Gohsn restera la course au volume. L’ambition de vendre jusqu’à 15 millions de voitures dans le monde en 2022 ne sera pas atteint. La course au gigantisme menée avec Nissan et Mitsubishi s’est fracassée sur le retournement du marché il y a deux ans, notamment en Chine. Espoirs déçus, Renault a été obligé de faire tourner ses chaînes de production en bradant ses voitures, cassant à la fois ses marges et son image. Renault a affiché l’année dernière ses premières pertes depuis dix ans.

Le plan de soutien à l’automobile présenté cette semaine par le président de la République, Emmanuel Macron, ne comblera jamais la nécessité d’une nouvelle stratégie industrielle de long terme. Se recentrer sur l’"efficience et la compétitivité plutôt que les volumes", "entretenir un respect partagé avec les équipes de Nissan et Mitsubishi", comme l’explique le président de l’Alliance, Jean-Dominique Senard, qui chiffrait récemment de 10 à 12 milliards d’euros les investissements nécessaires. Cette histoire, c’est le successeur de Carlos Ghosn qui devra l’écrire. L’homme providentiel s’appelle Lucas de Meo, débauché chez Fiat. Il doit prendre ses fonctions le 1er juillet prochain.

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