Le brief éco. Relations commerciales Europe - Etats-Unis : Bruno Le Maire est en colère

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Le ton monte d’un cran entre Européens et Américains. En marge des réunions de printemps du Fonds Monétaire International, ce week-end à Washington, le ministre  de l’Economie, Bruno Le Maire, a rencontré son homologue américain. La réunion a été tendue.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a rencontré ce week-end son homologue américain à Washington. La tension a régné lors de cet entretien. À en croire un accompagnateur du ministre, ce fut "constructif, franc, mais difficile". On a évidemment parlé des dossiers qui fâchent, des menaces perpétuelles – et grandissantes ces dernières semaines – du président américain contre l’Europe, au cœur desquelles le dossier Airbus. La semaine dernière, le président Trump a menacé l’Union européenne de nouveaux tarifs douaniers à hauteur de 11 milliards de dollars (près de 10 milliards d’euros) si Bruxelles ne met pas un terme aux subventions publiques au constructeur aéronautique européen.

Réponse du berger à la bergère

Bruno Le Maire a été très clair : "Si nous devions à nouveau être touchés par des sanctions américaines injustifiées et injustifiables, nous répondrons de manière unie et forte". Fermez le ban. Bruxelles avait dit, peu ou prou, la même chose lorsque la tension était montée d’un cran du côté de Washington. Il faut dire que le conflit dure depuis 14 ans.

Sanctions possibles

Bruxelles doit rendre publique mercredi 17 avril une liste de produits américains susceptibles d’être taxés à hauteur de 20 %, soit le double des nouveaux tarifs douaniers que les Américains voudraient nous imposer si on ne règle pas la question des subventions à Airbus. Mais ça sera à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de trancher en dernier ressort. Cette OMC bafouée par Donald Trump et dont il veut faire sortir les Etats-Unis.

Opportunité pour l’Europe

Bruxelles tient là une occasion en or de ne pas céder et de montrer enfin les dents face aux Américains. Le fera-t-elle jusqu’au bout ? L’OMC le lui permettra-t-elle ? Donald Trump et les États-Unis sont sous pression dans le dossier aéronautique avec les graves problèmes techniques rencontrés par le Boeing 737Max. Mais une guerre commerciale fratricide ne serait bonne pour personne sur le plan commercial. Côté américain, on sait très bien que l’Europe représente un bassin de plus de 500 millions de consommateurs. La Chine aurait tout intérêt à ce que l’Europe et les Etats-Unis aillent au conflit violent. Pékin ferait tout pour prendre la place des Américains sur le Vieux continent, en négociant par exemple avec l’Europe un statut de nouveau partenaire international solide. Cela aussi, l’administration américaine le sait.

 

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