Le brief éco. Réforme des retraites : et maintenant ?

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Le blocage est total entre les syndicats et le gouvernement, à quatre jours des premiers départs en vacances. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, regrette que "la question de l'âge pivot éclipse les avancées sociales majeures de la réforme". Peut-on vraiment parler d'avancées ?

Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se poursuit, qu'est ce qui a évolué depuis le projet tel qu’il nous a été présenté il y a quelques mois ?

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D'abord, les délais : le rythme d'entrée en vigueur de la réforme est repoussé de douze ans (génération 1975 contre 1963 initialement prévue) et dix ans supplémentaires pour les régimes spéciaux, notamment les fonctionnaires. Les pensions seront indexées sur l'évolution des salaires et non sur celle des prix. Or, les salaires augmentent plus vite que l'inflation.

Les salaires supérieurs à 10 000 euros par mois vont devoir payer un impôt supplémentaire de 2,8% dont le fruit ira à la redistribution, sans ouvrir de droits nouveaux à la retraite. Nous pourrions encore citer : les droits familiaux améliorés pour les familles nombreuses, ainsi que la retraite minimum de 1 000 euros. On pense notamment aux agriculteurs qui sont loin de pouvoir prendre leur retraite à 52 ans, cela s'appelle l'équité, la solidarité. Mais cela se finance par un nouveau système.

Plusieurs questions restent posées

La réforme du gouvernement implique un système par points. Des interrogations subsistent sur la manière dont le point sera calculé. Mais ce n'est pas la seule question en suspens. Il y a la question des enseignants, celle du montant du bonus et du malus selon que le départ à la retraite se passe avant ou après l'âge pivot de 64 ans. Quid de l'intégration de critères comme la pénibilité ?

Dans tous les cas, la retraite par points est une avancée pour les travailleurs précaires – CDD notamment. Jusqu’à présent, cotiser moins de 150 heures par trimestre n’ouvrait aucun droit à la retraite. Le calcul par point règle en partie ce problème car il permettra aux carrières hachées d'avoir plus de droits qu'elles n'en avaient auparavant. Même si à ce stade, la réforme manque encore de clarté, le caractère redistributif de la réforme ne fait aucun doute. On peut toujours douter de la parole donnée… tout cela sera inscrit dans la loi.

Quelle porte de sortie possible ?

Vouloir imposer un âge pivot à 64 ans restera probablement la grosse erreur d’Edouard Philippe. Nous partons déjà à la retraite, en moyenne, à 63 ans et demi. Donc, les 64 ans, nous y sommes presque. Pourquoi vouloir inscrire dans le marbre cet âge qui rebute la CFDT réformatrice ? Gageons que cette semaine apporte une réponse concrète sur ce point comme sur beaucoup d'autres

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