Le brief éco. Pourquoi la bourse monte quand la gauche est au pouvoir ?

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Les marchés financiers avaient anticipé une victoire d’Emmanuel Macron. Lundi 8 mai, la bourse est restée calme. Des travaux de chercheurs cassent quelques idées reçues sur le comportement des marchés face aux alternances politiques.

Après l'élection d'Emmanuel Macron dimanche soir, la bourse, lundi 8 mai, est restée calme, les marchés semblant avoir anticipé sa victoire. Des travaux de chercheurs cassent les idées reçues sur le comportement des marchés devant les alternances politiques. La première étude remonte à 2011, menée par un universitaire français de l'école d'économie de Toulouse. La seconde a été publiée la semaine dernière par le gérant de portefeuille Amundi. Les deux aboutissent au même constat : les marchés financiers montent plus quand la gauche est au pouvoir que lorsque c'est la droite qui est aux affaires. 

Historiquement prouvé

 L'universitaire toulousain a observé la performance moyenne des actions au cours des alternances politiques depuis le début de la Troisième République. Les chiffres sont sensiblement différents pour Amundi, dont l'étude porte sur la période allant de 1974 à cette année, mais les données convergent. Résultat des course : +13% en moyenne de hausse par an pour la bourse sous la gauche;  +2% sous la droite.

Évidemment, il y a toujours les exceptions qui confirment la règle. Ainsi, en 1981, la bourse de Paris a perdu un peu plus de 30% dès le lendemain de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée. Mais entre son arrivée et son départ en 1995, les actions ont gagné 450% de leur valeur.

Explication rationnelle

Premier point, le contexte économique général. En réalité, c’est lui qui dicte sa loi et fait généralement la pluie et le beau temps. Lorsque l’économie mondiale va mieux, les bourses sont optimistes, et inversement lorsque la conjoncture est morose. Le fait est que les gouvernements de droite ont été plus souvent confrontés à des crises macro-économiques. Exemple sur la période 2007-2012 pour le quinquennat Sarkozy : -11% par an pour les actions.

Les recherches avancent une explication complémentaire : la plus forte propension de la gauche à engager des réformes face à une droite plus timorée. Exemples : la désinflation compétitive en 1984 sous Mitterrand qui a redonné du peps à l’économie. Plus récemment : la loi El Khomri sur le travail. Le texte établi par un gouvernement de gauche va si loin qu’il ne déplait pas aux entreprises. Effet garanti à la bourse. Donc oui, au fil de l’histoire, la gauche a pratiquement toujours arrangé les marchés… certainement à "l’insu de son plein gré".