Le brief éco. Peste porcine : l’inquiétude de la filière française

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La France renforce son dispositif de protection pour éviter l’arrivée de la peste porcine africaine par la Belgique. Le 9 janvier, deux nouveaux cas de la maladie ont été confirmés à près d’un kilomètre de la frontière. L’enjeu est tout autant sanitaire qu’économique 

La peste porcine menace la France qui se voit obligée de renforcer son dispositif de protection. Les sangliers et les porcs sont de la même famille. Si la maladie se déclare en France, nos producteurs ne pourront plus exporter leur production, ce qui pourrait être fatal aux 14 000 élevages porcins que compte aujourd’hui l’hexagone.

Le virus a été identifié sur des cadavres de sangliers à Etalle, dans le sud de la Belgique, non loin des frontières française et luxembourgeoise. La première décision des autorités françaises a donc été de créer une zone blanche à la frontière franco-belge. Une clôture est progressivement installée pour créer une zone vide de sangliers contre lesquels des battues ont été organisées et vont encore l’être dans les prochaines semaines, pour empêcher que des animaux ne passent la frontière et ne viennent contaminer le cheptel français.    

Le ministère de l’Agriculture mobilise très largement autorités sanitaires, responsables forestiers, chasseurs et éleveurs. Le gouvernement se veut très vigilant face à une situation jugée inquiétante même si la maladie n’est pas transmissible à l’homme. Par contre, si la maladie venait à être détectée sur le moindre porc de ce côté-ci de la frontière, il faudrait procéder à l’abattage de centaines, voire des milliers, de bêtes, ce qui toucherait des élevages entiers.    

La filière porcine déjà fragilisée

Dans la région Grand-Est qui est concernée dans un premier temps, quelque 400 propriétaires de porcs ont été identifiés, dont 200 éleveurs professionnels. Si la peste porcine arrive à pénétrer sur le territoire français malgré la "ligne Maginot sanitaire" dressée à la frontière, ce ne sont pas uniquement les Ardennes, la Moselle, la Meurthe et la Meurthe-et-Moselle qui seraient concernées. La filière porcine française est majoritairement située dans l’Ouest de la France. Les 14 000 élevages ont déjà été fragilisés par une crise particulièrement grave ces dernières années, notamment avec l’embargo russe en 2015 et 2016. La situation s’est un peu améliorée en 2017 grâce à la reprise des exportations vers la Chine, mais les cours restent très faibles. Au marché du porc breton de Plérin qui fait référence, les cours ont baissé de 13% en 2018 (1,25 euro le kilo en France contre 1,40 euro en Allemagne).    

La trésorerie des éleveurs français se dégrade en raison des coûts de production. Outre les aliments qui représentent 70% du prix de revient d’un porc destiné à la charcuterie, il faut financer les lourds investissements pour se mettre aux normes et améliorer le bien-être des animaux, par exemple. Donc, si une nouvelle crise venait à se déclarer en France, l'Asie (la Chine, le Japon, la Corée) couperait immédiatement ses importations et les éleveurs de porcs français seraient de nouveau affectés avec toutes les conséquences économiques et sociales que l’on imagine.  

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