Le brief éco. Nouveau patron d’Airbus, un Français adoubé par Berlin

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Changement de patron chez Airbus mercredi.  L’Allemand Tom Enders est remplacé par le Français Guillaume Faury. Un changement qui ravit la chancelière allemande Angela Merkel. 

Airbus change de patron mercredi 10 avril. Après 14 ans aux commandes du constructeur aéronautique européen et de son "ancêtre" EADS, l’Allemand Tom Enders laisse la place au Français Guillaume Faury. Un choix interne qui a séduit jusqu’à Angela Merkel

Obtenir le blanc-seing de la chancelière allemande, c’est déjà une médaille quand on est appelé à piloter un groupe européen au cœur d’enjeux industriels mondiaux, donc très politiques. Âgé de 51 ans, ingénieur, pilote, Guillaume Faury représente la jeune génération de dirigeants plongés dans le digital. Son parcours l’a conduit dans d’autres aventures industrielles comme l’automobile, chez PSA. Passé par la présidence d’Airbus Commercial Aircraft, la branche aviation commerciale du constructeur aéronautique, Guillaume Faury dirigeait auparavant la branche hélicoptères, qu’il a su redresser au moment où le marché mondial chutait.  

S’inscrire dans les pas de Tom Enders

Pour donner le ton, Guillaume Faury prend les rênes du groupe alors que Donald Trump menace Bruxelles d’instaurer de nouvelles taxes douanières si l’Europe ne met pas fin aux subventions publiques accordées à Airbus. Ce changement intervient alors que l’avionneur européen est toujours secoué par des turbulences internes. Départs et remplacements se sont multipliés ces derniers mois jusque dans les hautes sphères de l’entreprise. 

Les gros dossiers 

Un des chantiers prioritaires est celui du management. Il faut réorganiser, rajeunir, pacifier, préparer direction et équipes pour les vingt prochaines années. Il va surtout falloir envoyer un signal fort aux clients et aux marchés financiers, car le groupe fait toujours l’objet d’investigations du Parquet national financier pour des irrégularités concernant d’anciennes transactions commerciales.  

Contexte industriel difficile 

Guillaume Faury va devoir redresser la rentabilité du groupe en modernisant l’outil de production. Le premier défi sera la montée en cadence de l’A320neo, moins consommateur d’énergie, qui se vend déjà très bien et fait d’Airbus un leader sur les moyens-courriers. Et puis il y a la fin programmée du super gros-porteur A380, au moment où le concurrent Boeing est secoué par les difficultés du 737 Max. Guillaume Faury peut s’appuyer sur le solide carnet de commandes engrangé par son prédécesseur : près de dix ans de visibilité avec plus de 7 000 appareils à livrer. La légende ne dit pas si le nouveau patron devra, aussi, gérer le dossier de la très médiatique retraite-chapeau de son prédécesseur Tom Enders. 38 millions d’euros, qui font polémique. L’héritage de Tom Enders fait vivre aujourd’hui 130 000 foyers dans le monde.  

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