Le brief éco. Non, la Grèce n’est toujours pas sortie d’affaire

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La Grèce a un nouveau gouvernement. Au lendemain de sa victoire aux élections législatives à Athènes, le chef de file des conservateurs, Kyriakos Mitsotakis, a été investi Premier ministre et a nommé son équipe. Question : neuf ans après la crise, le pays est-il sorti d’affaire ? 

Kyriakos Mitsotakis a été investi lundi 8 juillet Premier ministre et a nommé son équipe. Un nouveau gouvernement qui n'est pas synonyme de sortie de crise. La situation de l’économie grecque s’est un peu améliorée, sans plus. Un an après la sortie du pays du plan d’aide européen, la croissance est repartie mais de manière moins forte qu’attendue par Bruxelles et le Fonds monétaire international. Les 2 % de croissance anticipés pour cette année ne seront probablement pas atteints. Le taux de chômage a baissé, passant de 28 % en 2013 à 18 % aujourd’hui mais cela reste très haut, très loin de la barre des 8 % d'avant la crise de 2008. Enfin, la dette publique reste considérable : 180 % de la richesse produite par l’économie grecque sur l’année (180 % du PIB). C’est le ratio le plus mauvais de la zone euro, une dette détenue aujourd’hui par la BCE et le FMI.

Comment la Grèce est parvenue à remonter progressivement la pente

Sur pression des instances financières internationales, le gouvernement qui était aux affaires jusqu’à dimanche a réduit les dépenses publiques. Les Grecs ont été contraints de se serrer la ceinture. Le changement de gouvernance lors des législatives de dimanche n’y est pas étranger. Le pays a évité la faillite au prix de lourds efforts de ses concitoyens. Ces derniers s’en sont souvenu en glissant leur bulletin dans l’urne. Car à la baisse des dépenses publiques s’est ajoutée une franche hausse des impôts. Certes, le déficit public s’est réduit, mais à quel prix, social notamment ?

Pas de compensation des années de crise

La production de certains secteurs comme l’agriculture reste 20 à 30 % en dessous de ce qu’elle était avant la crise de 2010. Mais, parmi les points à mettre à l’actif du gouvernement précédent, il y a ce que l’on appelle "l’excédent primaire" : hors charge de la dette, le budget grec dégage désormais un excédent équivalent à 0,8 % du PIB (l’équivalent  de près d'un milliard et demi d'euros). Quoi qu'il en soit, le mécontentement de la population est toujours bien réel et la marge de manœuvre du nouveau chef de gouvernement reste très, très étroite. Et le pays reste sous surveillance rapprochée, donc pas libre de ses faits et gestes.  

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