Le brief éco. Monoprix rachète Sarenza.com : un mariage de raison

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Monoprix, filiale du groupe Casino s'apprête à racheter le site de distribution de chaussures sur Internet, Sarenza.com. La nouvelle alliance vise à faire face à la forte concurrence des géants du commerce en ligne.

C’est la banque Rothschild qui est mandatée pour boucler l’opération, dont le montant reste top secret. Derrière ce mariage entre Monoprix, filiale de Casino, et Sarenza.com, c’est un combat pour survivre qui a été engagé par les deux entreprises. Le patron, Stephane Treppoz, patron de Sarenza, l'a d'ailleurs confié sur son compte Twitter. "On s’est battus face au pouvoir des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple)", écrit-il. Ensemble, Casino et Sarenza veulent devenir leader omnicanal, c’est-à-dire maîtriser la chaîne depuis internet jusqu’à la boutique en ville. Le rapport et le contact avec le client redeviennent des valeurs sûres. 

Chacun y trouve son intérêt

Leur intérêt commun ? Ne pas être avalé par les géants du net américain. Les deux groupes français sont des proies intéressantes. Sarenza dispose d’un fort ancrage européen, avec ses 650 marques et près de 40 000 modèles, pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros. De son côté, Monoprix bénéficie d’une implantation dans plus de 250 villes en France avec 800 magasins. Son chiffre d’affaires 2017 a atteint 5 milliards d’euros. Pour Casino, maison-mère de Monoprix, le rachat de Sarenza est l’occasion de se renforcer sur Internet  pour atteindre la taille critique sur le commerce en ligne. Aujourd’hui, Monoprix  ne réalise que 1% de son activité non-alimentaire (mode, beauté et maison) sur le web. L’objectif est d’atteindre 10% avant 5 ans. 

Rapprochements nécessaires face aux géants

On peut citer Carrefour et Showroomprivé.com, Spartoo (site de ventes en ligne), et  les chaussures André, etc. En réalisant de tels rapprochements, les entreprises françaises se montrent proactives. Elles ont raison, montrent leur dynamisme. Mais dans les faits, c'est une lutte qu'elles sont obligées de mener. Faute d’être encouragées par l’Europe à construire une industrie puissante et conquérante, capable de rivaliser avec les mastodontes américains et chinois, nos entreprises optent pour la position défensive. S’unir pour être plus forts et, à terme, pourquoi pas, mieux se vendre à prix d’or.

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