Le brief éco. Malgré la crise du Covid-19, la France continue de rassurer les investisseurs

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La France continue d'emprunter à des taux négatifs sur les marchés.

Malgré la crise du coronavirus, l’État français continue d’emprunter sur les marchés à des conditions très favorables. La France a emprunté lundi 9 mars près de 5 milliards d’euros à des taux d’intérêt en dessous de 0%. La dette française est considérée aujourd’hui comme parmi les plus sûres de la zone euro. Notre capacité à rembourser ne fait pas de doute, les investisseurs nous font confiance. Et il y a de telles masses d’argent en circulation que les opérateurs diversifient leurs placements. Selon le bon vieil adage, ils ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier.

Des emprunts rémunérateurs

Les investisseurs cherchent la sécurité. Ils acceptent donc de perdre un peu d’argent en nous prêtant à des taux négatifs. Si on schématise, les investisseurs nous donnent de l’argent en plus de celui qu’ils nous prêtent. Lundi 9 mars, en une seule journée, Paris a emprunté 4,9 milliards d’euros à court et moyen termes (de quelques semaines à un an) à des taux allant de -0,66 à -0,7%. En empruntant à de telles conditions, cela devient rémunérateur pour le Trésor français.

Cette situation soulève plusieurs questions, dont celle de la solidarité. Généralement, les investisseurs préfèrent financer leurs propres pays (les banques françaises vont plus facilement acheter de la dette française, les banques allemandes de la dette allemande, etc.). En période de crise, on appelle cela le  "réflexe domestique". C’est un peu égoïste, là où la logique voudrait plutôt une solidarité envers les pays qui en ont le plus besoin.

Et emprunter à bon compte n’incite pas forcément un État à être vertueux. Encore faut-il utiliser cet argent à bon escient. Si l’État en profite pour investir (dans les nouvelles énergies ou l'intelligence numérique), tant mieux. Par contre, s’il se sert de cet argent facile pour financer ses frais généraux et le fonctionnement de son administration, c’est plus gênant. On voit mal une entreprise privée emprunter sur les marchés pour payer ses salariés. Elle mettrait rapidement la clef sous la porte.

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