Le brief éco. Les travailleurs âgés de plus en plus nombreux en France

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L’Insee estime que le nombre des travailleurs dits "seniors" (plus de 55 ans) a augmenté de près de 10% entre 2007 et 2017. 

La France compte de plus en plus de travailleurs âgés de 55 ans et au-delà. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’Insee alors que le ministère du Travail vient de publier les chiffres du chômage pour le deuxième trimestre. Cette hausse du nombre de travailleurs de plus de 55 ans s’observe sur la dernière décennie.

Précisément entre 2007 et 2017. Sur cette période, l’Insee estime que le nombre des travailleurs dits "seniors" a augmenté de plus de huit points. Par seniors il faut entendre les personnes âgées entre 50 et 64 ans. On est vieux de plus en plus jeunes selon les statisticiens. À eux seuls, les plus de 60 ans représentent 42% de la progression (avec une prédominance chez les femmes).

Comment s’explique la progression des travailleurs seniors

L'Insee y voit l’effet des réformes successives des régimes de retraite (réforme Woerth en 2010, Touraine en 2014, etc.). Notamment avec les restrictions d’accès aux dispositifs de cessation d’activité anticipée (les CATS permettent à certains salariés de cesser leur activité et de percevoir un revenu de remplacement versé par leur entreprise). Le fait d'avoir réduit les possibilités de recours à ce système a poussé les travailleurs à rester actifs plus longtemps. Cela à temps partiel : près de 65% des personnes qui touchent une pension de retraite et âgés de plus de 55 ans continuent à travailler de manière épisodique.

Paupérisation d’une classe d’âge

Si on pousse un peu plus loin le raisonnement, c’est aussi le signe d’une certaine paupérisation des personnes concernées. La question du pouvoir d’achat est, effectivement, centrale dans cette analyse. A ce titre, il faudra observer l’impact qu’aura la hausse de la CSG sur les retraités, décidée par le président de la République, Emmanuel Macron. Car plus de CSG à payer, cela fait des pensions de retraite inférieures, donc probablement le besoin de reprendre une activité.

D’évidence, la reprise partielle d’activité chez les seniors sert à mettre du beurre dans les épinards et compléter des pensions jugées de plus en plus faibles.
Enfin, au bout de la chaîne, il y a un effet collatéral : l'impact sur l’emploi des plus jeunes dont le taux d'activité est en baisse. Certains diront que les postes occupés par les seniors ne le sont pas par de jeunes demandeurs d'emplois. Sous-entendu : selon les mesures qu'elles contiennent, les réformes des retraites peuvent entraîner des effets indésirables sur la lutte contre le chômage de manière plus générale.

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