Le brief éco. Les ponts de mai, le pompon pour l’économie

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Le mois de mai est comme un gruyère avec trois ponts grâce aux jours fériés. Il ne faut pas oublier les grèves. Ce qui donne un mois peu rentable au niveau économique.

Les trois ponts du mois de mai 2018 confèrent quelques jours de congés en plus, mais quelques jours de travail en moins. La France va-t-elle y gagner ou y perdre sur le plan économique ? Faisons les comptes : le 1er mai tombant un mardi, en posant le lundi 30 avril, les salariés qui ne travaillent pas le week-end ont quatre jours de repos. Mieux la semaine suivante : le 8 mai tombant un mardi et le jeudi de l'Ascension le 10 (au lieu du 25 mai l’année dernière), cela permet aux salariés de partir quatre jours en ne posant qu’une seule journée de congés. En résumé : les personnes qui ne travaillent pas le week-end peuvent bénéficier ce mois-ci de neuf jours de congé en ne posant que trois jours chez leur employeur.

Vive le tourisme

Plus de ponts, ce sont plus de séjours en dehors de chez soi pour celles et ceux qui peuvent se l'offrir. Cela permet plus de courts séjours que les tours opérateurs apprécient particulièrement en termes de revenus. Le problème, ce sont les grèves de la SNCF. Habituellement avec les ponts, les courtes distances sont privilégiées : la Côte-d’Azur pour les habitants du Sud de la France, la Normandie et la Bretagne notamment pour les Parisiens, etc. Cette année, cette perspective s'envole pour les professionnels. Dans certaines régions, l'activité a baissé de 30 à 40% et l'ensemble du chiffre d’affaires de l'année s'en ressentira puisque les périodes estivales permettent d'engranger pour les périodes creuses.

Un manque à gagner réel

L’Insee avait fait le bilan en 2016 avec les 1er et 8 mai qui tombaient un dimanche. Deux jours en plus de magasins ouverts, d’usines qui tournent et de livraisons non pénalisées. Cela avait permis de dégager 0,1% de PIB supplémentaire. Sachant que 0,1 point de PIB correspond à deux milliards d’euros supplémentaire, le compte est vite fait. Donc oui : travailler plus au mois de mai, c’est faire gagner plus à l’économie du pays.

Quatre jours fériés non successifs en l'espace d'un mois représentent des complications d'organisation. Certains, comme le Medef, militent pour un regroupement de ces jours fériés comme cela se produit au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Quant au débat sur les 11 jours fériés en France contre huit en Allemagne qui en feraient une nation plus dynamique. Ne parlons pas des choses qui fâchent et profitons de notre week-end prolongé.

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